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8 juin 1913 : suicide d'Emily Davidson

3 min
À retrouver dans l'émission

Le 4 juin 1913, au Derby d’Epsom, la très célèbre course de chevaux anglaise, Emily Davison, militante du droit de vote des femmes, se jette sous les sabots du cheval Anmer, qui appartient au roi George V. Le cheval s’effondre, entraînant dans sa chute le jockey et écrasant la suffragette, qui meurt quatre jours après. Il existe un reportage cinématographique de l’accident, pris par une caméra à manivelle de Pathé Nouvelles. C’est déjà l’âge des reportages qu’on commence à voir lors des séances de cinéma. La photo paraît aussi en une dans toute la presse. Mais, la dite presse insiste sur la victoire du Derby par un étranger plutôt que sur le drame qui vient de se jouer.

Pourtant, le 14 juin, les funérailles d’Emily Davison, donnent lieu à une grande manifestation de femmes, militantes ou sympathisantes, de la Women’s Social and Political Union, qui revendique le droit de vote pour les femmes.

Les avis divergent sur ce qui advint alors. Voulait-elle vraiment se suicider, ou souhaitait-elle seulement accrocher un fanion revendicatif au cheval ? Visait-elle vraiment le cheval du Roi ? Toujours est-il qu’elle n’en était pas à son coup d’essai. Emprisonnée à neuf reprises, nourrie de force pendant des grèves de la faim. Le 2 avril 1911, Emily Davison se cacha dans un placard de la chapelle du palais de Westminster. C’était le jour du recensement et l’action d’éclat était de donner comme domicile la « Chambre des communes » House of Parliament. En prison, elle se jette dans un escalier… En février 1913, une bombe éclatait devant le domicile de Lloyd George, chancelier de l’échiquier, Ministre des finances anglais, pour le « réveiller » dirent les suffragettes.

Le combat pour le droit des femmes, et notamment le droit de vote, avait commencé quelques décennies auparavant, des deux côtés de la Manche. Si, dès 1876, Hubertine Auclert fonde en France la société « Le droit des femmes », qui devient en 1883 « Le suffrage des femmes », c’est en Angleterre que le mouvement a le plus d’importance. C’est en 1903 qu’Emmeline Pinkhurst fonde la Women’s Social and Political Union, qui va se faire connaître par des nombreuses actions, et notamment des incendies, suivis d’incarcérations et de grèves de la faim. En 1913, le Parlement adopte une loi, dite « Cat and Mouse », du chat et de la souris. Quand la suffragette était trop faible, elle était libérée, puis réincarcérée quand elle allait mieux. Mais rien n’y fit et l’intensité du mouvement ne baissa pas. En France, aux élections de 1908, dans les beaux quartiers, des suffragettes renversèrent des urnes, sans grand succès là non plus. C’est la guerre, en réalité, qui changea entièrement la donne, en donnant aux femmes un grand nombre de responsabilités que les hommes exerçaient jusque-là. Dès 1918, le Royaume-Uni donne un vote partiel aux femmes, avant de l’octroyer entièrement en 1928. Les Etats-Unis en 1919. Comme on sait, ce fut plus long en France, au motif que les femmes seraient moins favorables à la République. Et il fallut une autre grande guerre pour que le droit de vote fût accordé.

Emily Davison a ouvert le chemin d’un XXème siècle, siècle du droit des femmes.

> Retrouvez aussi notre Grande Traversée consacrée à l'été 1913.

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