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Mai 1913 : publication de La Colline inspirée de Maurice Barrès

3 min
À retrouver dans l'émission

Académicien, député de Paris, Maurice Barrès est en 1913 la figure majeure du nationalisme républicain, attaché à la terre natale, à la tradition. Avec Les déracinés, L’appel au soldat, Leurs figures, les ouvrages de la trilogie Le roman de l’énergie nationale ont sculpté sa statue. La statue d’un homme pourtant complexe, qui n’a rien d’une grenouille de bénitier, refuse absolument la réaction monarchiste maurrassienne, entretient des relations amicales avec Jaurès et, s’il est un antidreyfusard passionné et au fond un antisémite, en 1917, insistera néanmoins avec son ouvrage Les familles spirituelles de la France sur l’apport des juifs à la culture nationale française.

« Il est des lieux où souffle l’esprit », écrit-il en introduction de La colline inspirée, qui paraît en février 1913 et c’est effectivement ce lien particulier avec des lieux qui construit le sentiment de la patrie et, de là, l’attachement à la Nation.

La Colline de Sion-Vaudémont est de ces lieux. Elle symbolise la Lorraine et sa participation éminente à la France, une France catholique, puisqu’elle est lieu de pèlerinage à Notre Dame de Sion. Trois prêtres lorrains, trois frères, entreprennent de faire revivre un sanctuaire dédié à la Vierge et rentré en décadence à la Révolution. Ils ont un immense succès, s’enrichissent et attirent les foules. Mais l’aîné, Léopold, devient adepte d’une secte menée par un prêtre excommunié, Michel Vintras, et qui annonce, après des catastrophes, l’avènement du Saint-Esprit. La Colline se rallie à la secte. L’Eglise officielle n’aura de cesse d’en finir avec l’hérésie. La fin, moralisatrice, verra, au moment de l’extrême-onction, le retour de Léopold dans le giron de l’orthodoxie. Les lecteurs catholiques respirent.

Pour autant, l’ouvrage se présente en réalité comme l’affrontement entre deux mouvements, entre lesquels Barrès ne choisit guère, indiquant plutôt sa sympathie pour le héros de la secte, Léopold. D’un côté, dit-il, la « chapelle », c’est-à-dire l’ordre, et de l’autre, la « prairie », c’est-à-dire l’enthousiasme, composants nécessaires d’un même sentiment national, inspiré par la prairie, canalisé par la chapelle. Un sentiment issu de la terre natale, une des façons d’aimer la France, l’autre étant d’en avoir une « certaine idée », plus liée à des principes et à l’histoire de son peuple.

Et c’est à travers la Lorraine, aux paysages magnifiquement décrits, que s’exprime cette ferveur . La Lorraine, emblème aussi de la revanche à venir.

Barrès, président de la Ligue des patriotes en janvier 1914 à la mort de Déroulède, devient un important chantre de la guerre, qualifié de « Chef de la tribu des bourreurs de crâne » par le Canard enchaîné, et de « Rossignol des carnages » par Romain Rolland.

> Retrouvez aussi notre Grande Traversée consacrée à l'été 1913.

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