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Couverture du livre : Un étranger nommé Picasso, Annie Cohen-Solal

Un étranger nommé Picasso 1/2

58 min
À retrouver dans l'émission

Une enquête éblouissante sur les coulisses de la gloire de Picasso.

Couverture du livre : Un étranger nommé Picasso, Annie Cohen-Solal
Couverture du livre : Un étranger nommé Picasso, Annie Cohen-Solal Crédits : Fayard

Oui Picasso ! Encore me direz-vous. Et un livre peut être le millième sur le sujet oui, mais quand même, mais cette fois-ci un angle inédit et passionnant !

Picasso, cet émigré espagnol immédiatement suspect dès son arrivée à Paris en 1901 alors que la France s’effraie des anarchistes et des étrangers, et qu’il fréquente justement les bars louches, les bordels, les apaches, les autres Espagnols de Paris. 

Picasso le frénétique amant de la vie moderne, comme le décèle le critique d’art Gustave Coquiot dès 1901, mais aussi selon la police, le métèque au regard sombre, au langage incompréhensible, sûrement un étranger dangereux qui trame de mauvais coups. La preuve, il peint des saltimbanques, des marginaux, rien qui inspire confiance. Puis le cubisme, cet art qui évoque l’Allemagne, qui défie le bon goût français qui est défendu par Kahnweiler ou Carl Einstein, n’est-il pas intoxiqué par les "boches" ? Mais Picasso qui sort de la misère absolue des premiers voyages parisiens devient la figure majeure que le monde, les Américains, les Russes acquièrent à prix d’or, puis Picasso l’ami des surréalistes qui s’acoquine avec les Russes, adhère au parti communiste, tout cela est louche encore et encore.

Le grand pays dont les grands maîtres du vingtième siècle s’appellent, parmi d’autres, Miró, Brâncuși, Dali, Brauner, Wols, Max Ernst ou encore Apollinaire ou Ghérasim Luca, cette France, enrichie de ces talents venus d’ailleurs, refusera, au grand monstre de la peinture du XXe siècle, la nationalité française.

Il faudra attendre 1951 pour qu’un premier tableau soit acheté par le musée national d’art moderne. Quarante ans après les Russes, et après avoir refusé le don des Demoiselles d’Avignon au Louvre.

Ce livre se lit comme un roman, s’y déchaîne les paradoxes de la capitale des arts, à la fois le laboratoire de la modernité, et refusant de célébrer les immenses talents qui s’y trouvent. Une galerie de portraits, les génies, les poètes visionnaires, les regardeurs les plus aigus et les flics, les balances, les traitres, les antisémites, les réacs... Et l’intelligence de Picasso qui se fraie un chemin ardu parmi ces contradictions. Pour parler de cet envers du décor son auteur qui a mené une enquête éblouissante sur les coulisses de la gloire de Picasso. Une enquête qui résonne évidemment avec notre époque d’aujourd’hui, ses peurs et ses stigmatisations.

Chargée de recherche : Maurine Roy

En partenariat avec BeauxArts Magazine

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