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ACR - Au vent à nous, six au beaupré

59 min

De MIchel Sidoroff

Au vent à nous, six au beaupré
Au vent à nous, six au beaupré

Six auteurs embarqués sur un cargo mixte, entre Dunkerque et Pointe-à-Pitre, avec pour seule obligation celle de rêver… Rêver aux pièces théâtrales ou aux scénarios qu’ils écriront à leur retour.

Claudine Galéa, Magali Mougel, Mariette Navarro, Eric Pessan, Sabine Revillet et Michel Sidoroff ont formé ce groupe des six que leur journal de bord a réunis, fédérés, soudés dans la complicité et jusqu’à la mutinerie, tant ils se sont plu sur ce cargo qu’ils ne voulaient plus quitter. Cette résidence d’auteurs transatlantique, imaginée par Laurent Lalanne, du Centre National du Théâtre, ils auraient voulu qu’elle dure, que le « Port-Saint-Pierre » les emmène autour de la Terre, que ce bateau soit finalement dédié à d’autres résidences d’auteurs.

A bord, ils ont écrit, dans l’espace laissé libre entre eux et l’endroit d’où vient le vent, au vent à nous . Ô combien différents les uns des autres, ils ont eu enfin le temps, par l’exercice quotidien, ou presque, du journal, par les lectures de leurs textes qu’ils organisèrent à bord, d’interroger leurs certitudes d’auteurs, de découvrir d’autres univers avec une curiosité sincère. Auprès des hommes d’équipage, français et roumains, ils ont approché les joies et les servitudes la mer. Ils ont vécu au rythme de cette usine flottante de deux-cent mètres, se repaissant des bruits énormes des containers que les grues chargeaient aux escales, des grondements gigantesques des machines. Ils ont fini par aimer l’odeur du mazout qui traîne à bord un peu partout, ne retrouvant la pure sensation de l’océan qu’à l’extrémité de la proue, là où les anciens voiliers avançaient leur beaupré. Six au beaupré , traquant les poissons volants ou bien rêvant infiniment devant l’infini de la mer.

Avec le commandant et son second, avec un mécanicien fou de pêche, ils ont suivi les manœuvres, lu et relu les cartes, scruté la nuit les écrans des radars, tandis que le cargo remontait la Seine ou la Loire, tandis qu’il passait au-dessus de prodigieuses fosses marines de quatre mille mètres, et que pas un navire ne croisait sa route. C’est parvenus au milieu de l’océan, qu’ils se mutinèrent, espérant échapper à tous les contrôles. Et s’ils finirent par débarquer en Guadeloupe, ils étaient désormais riches d’un butin : ce temps qu’ils avaient volé au temps.

Leur résidence se prolongea là-bas, leur permettant de rencontrer des auteurs antillais, de rencontrer aussi une population dont les problèmes et la révolte n’ont pas fini de hanter les cauchemars des défenseurs de l’ordre…

Ces moments, tantôt intimes, tantôt bruyamment collectifs, Michel Sidoroff a tenté de les capter avec ses micros, dans les moments où l’écriture ne le tenait pas enfermé dans sa cabine, comme ses camarades. Entre dérive et dérade, en frôlant l’île de la Désirade, il a imaginé un atelier flottant, où le journal de bord des six lascars et le journal de bord du commandant Stéphane tressent le fil d’un voyage dans l’imagination, dans la découverte, dans la fantaisie retrouvée.

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