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ACR - À Bas Bruit

1h

Un Atelier de Création Radiophonique de Gilles Toutevoix

Réalisation Lionel Quantin

Cet Atelier de Création Radiophonique est une commande publique du Centre National des Arts Plastiques et de France Culture.

A bas bruit
A bas bruit

« ...mais le règne de la Nuit échappe au temps et à l'espace. - éternelle est la durée du sommeil ».

Novalis

Hymne à la nuit

En tant qu'artiste je dors beaucoup.

Comme beaucoup de gens je suis parfois agité dans mon sommeil, et des fois j'extériorise même mes rêves, alors cela peut devenir très bruyant!

Rêver c'est un peu comme imaginer du nouveau à partir du connu, une forme de composition en somme.

Que se passe t-il la nuit lorsque l'on dort?

Selon Isabelle Arnulf:

« Chaque nuit, alors que nous sommes endormis, sourds muets aveugles détendus vulnérables, notre cerveau forme des pensées, des images, des sons, des sensations, des émotions, élabore ces curieux et fantastiques scénarios auxquels nous assistons et participons ». ( in Comment rêvons-nous? Editions Le Pommier )

ACR - A bas bruit, Audrey dispositif 1
ACR - A bas bruit, Audrey dispositif 1

Et au réveil nous avons parfois le souvenir vague d'un autre monde entrevu, vécu et entendu...

Chaque nuit encore nous serons sans plus savoir que nous sommes, et pourtant chaque nuit au lieu de nous déconnecter du monde de façon passive, nous sommes actifs dans notre sommeil, notre cerveau travaille.

Qu'il est bon de se perdre dans la nuit et les sons qui nous habitent, les voix intérieures...

Léon d'Hervey de Saint-Denys avait déjà évoqué au XIX ème siécle le fait que l'âme voyage pendant que le corps dort, et que ça serait ce qu'elle ramène de ses voyages qui constituerait les rêves.

C'est un peu de ce voyage dans le sommeil d'une nuit que nous avons ramené les sons.

À Bas Bruit est un essai radiophonique pour lequel je suis allé au Service des Pathologies du Sommeil à la Pitié Sâlpétrière afin de rencontrer le professeur Isabelle Arnulf et de réaliser l'écoute et l'enregistrement audio d'une polysomnographie, afin de rendre audible l'enregistrement EEG de l'électro-encéphalogramme du sommeil. ( Isabelle Arnulf est neurologue et responsable du service des pathologies du sommeil ).

Pensant que l'homme peut étendre le champ de l'audible et la finesse de son ouïe grâce à des machines, et par un amplificateur électrique notamment, on peut mettre à portée de l'oreille humaine des signaux très faibles qui sont au delà des fréquences audibles normalement.

Cependant l'homme arrive toujours à un moment à la limite des « certitudes que la connaissance consciente ne peut franchir » comme l'exposait Jung dans son ouvrage:

De l'exploration de l'inconscient.

Pour aller plus loin je suis donc descendu sous terre à 500 mètres de profondeur au Laboratoire Souterrain « à Bas-bruit » le LSBB ( grâce à son directeur Stéphane Gaffet )où des enregistrements d'EEG sont menés dans une capsule d'isolement total.

En effet, dans la capsule, à – 500 mètres, l'activité est 100 fois moins forte que celle du cerveau en sommeil profond... Là, on pourrait enregistrer des pensées et l'activité cérébrale d'un sujet qui rêve...

Pour mener cette expérience j'ai sollicité l'ingénieur du son Bernard Lagnel à Radio France afin que nous menions ensemble ce voyage intérieur en binaural, nous avons donc mis des micros dans nos oreilles pour enregistrer notre progression dans l'isolement et la profondeur, dans un lieu du moindre bruit terrestre possible, et pourtant où il y a beaucoup de sons: il faut peut être s'éloigner du bruit pour entendre...

l'expérience d'écoute est donc préférable au casque puisque la pièce radiophonique travaille en binaural afin de mieux donner à ressentir l'espace sonore dans lequel on évolue.

Nous nous sommes promenés en sommeil et nous avons parlé.

L'écoute commence, nous ne sommes jamais seuls à inventer notre chemin...

« Il est dit que lorsque l'on s'endort on descend quelque part de plus en plus profond.

Il est dit qu'une porte s'entrouvre

Il est dit bienheureux celui qui est avant d'avoir été, car celui qui est a été et sera »

C'est de ce voyage dans le sommeil d'une nuit que nous avons ramené les sons.

Remerciements à :

Isabelle A rnulf au Service des Pathologies du sommeil à la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Stéphane Gaffet Directeur du LSBB Laboratoire Souterrain à Bas Bruit, l'équipe du laboratoire et le CNRS, ainsi que Guy Dumont .

Mélanie Strauss , NeuroSpin au CEA à Saclay, et Régine Trebossen.

Merci à Nicolas Cante , et à Emilie Lesbros .

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