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Duke au TNP

1h

de Madeleine Sultan et Nathalie Salles

Duke Ellington, photo Agnès Varda
Duke Ellington, photo Agnès Varda

C'était juste un an après la mort de Gérard Philipe, en décembre 1960. Dirigée par Jean Vilar, la troupe du Théâtre National Populaire, le TNP, alors installé au Palais de Chaillot, devait jouer "Turcaret" une pièce à la fois cynique et gaie du dix-huitième siècle, d'Alain-René Lesage. Délaissant la musique de Scarlatti auparavant utilisée, Jean Vilar a alors l’idée insolite de demander à Duke Ellington de composer une musique de scène pour Turcaret.

Vient le soir du 29 décembre 1960. Les comédiens et les techniciens du TNP attendent Duke Ellington qui, après avoir assisté à quelques répétitions, doit proposer les premiers thèmes et achever de composer la musique pour la pièce. Il arrive à minuit, avec ses dix-sept musiciens.

Commence alors une nuit inoubliable et unique. Une nuit hors du commun, entre minuit et sept heures du matin. Une nuit durant laquelle se produisit la rencontre étonnante de Duke Ellington et des comédiens du TNP (Georges Wilson, Christiane Minazzoli, Roger Mollien, Rosy Varte, Dominique Paturel...). Une nuit où le jazz croisa le dix-huitième siècle français, avec Duke, qui avait tout compris, et qui disait avec son très joli accent: "Le Chevalier, c'éi moi. Et meutenant, l'éir dé la Baronne..."

Genèse du projet :

Il y a deux ans, Christiane Minazzoli, qui fut comédienne au TNP, m’a confié l’enregistrement inédit d’une nuit pendant laquelle Duke Ellington était venu enregistrer (et achever de composer) la musique de scène de Turcaret, d’Alain-René Lesage, une pièce du dix-huitième siècle qui annonce déjà le ton et l’insolence des pièces de Marivaux.

Vous imaginez mon émotion : des inédits de Duke ? Le croisement du jazz et du XVIIIème siècle ? Et tout cela au TNP du temps de Jean Vilar, ce Théâtre National Populaire que je mets très haut dans mon petit Panthéon personnel, même si cette admiration peut sembler –à tort- classique à certains?

Il me fallait à tout prix reconstituer l’histoire de cette nuit, de cet enregistrement insolite, qui dura de minuit à sept heures du matin, le 29 décembre 1960, au Palais de Chaillot, à Paris.

Georges Wilson (Turcaret) et Christiane Minazzoli (La Baronne) en répétition
Georges Wilson (Turcaret) et Christiane Minazzoli (La Baronne) en répétition
Dominique Paturel (Frontin) et Rosy Varte (Lisette)
Dominique Paturel (Frontin) et Rosy Varte (Lisette)

Au début je voulais en faire un film documentaire, et j’ai recherché désespérément, remontant toutes les pistes possibles, quelques archives photographiques de cette nuit-là. Oh des photos de Duke à Paris ce mois de décembre 1960, j’en ai trouvé des centaines. Mais pas avec Jean Vilar ou les comédiens du TNP à Chaillot. Où diable étaient les photographes du TNP, Jean Pierre Leloir ou Agnès Varda ? Personne n’avait donc pensé à utiliser cette nuit-là la petite caméra dont se servaient Georges Wilson ou Maurice Coussoneau ? Et la compagne de Duke, qu’il appelait « Comtesse » et qui a tant impressionné Christiane Minazzoli, n’avait-elle pas pris quelques photos ? Avait-elle des descendants à New-York ?

J’ai dérangé un nombre effroyable de gens, tous d’une patience et d’une bienveillance admirables.

Mais d’image, il n’y en avait pas, sans doute parce que l’époque était encore modeste, et que la mode n’était pas au making off .

Duke au TNP était donc destiné à être mis en scène et raconté à la radio. Et France Culture offrait cet espace de liberté là.

Parmi les témoins, comédiens du TNP, musiciens de Duke et spectateurs inattendus que j’ai retrouvés, je regrette de n’avoir pu vous faire entendre le récit des trombonistes André Paquinet et Marcel Galiègue, qui étaient trop souffrants pour témoigner le jour de notre rendez-vous. Et je remercie encore une fois ici tous ceux qui ont participé à ce documentaire.

Madeleine Sultan

Duke au TNP
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