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Dziga Vertov, sono-portrait

1h

D'Andrea Cohen et Gaël Gillon

Mixage : Pierre Mine Archives INA : Marie Chauveau

Enthousiasme : Symphonie du Donbass, Dziga Vertov, 1930
Enthousiasme : Symphonie du Donbass, Dziga Vertov, 1930

Les premières expériences artistiques de Dziga Vertov ont commencé dans le «Laboratoire de l’ouïe », qu’il avait fondé en 1916, alors qu’il était étudiant en neurologie à à Petrograd. Ces expérimentations sont clairement liées à la pensée futuriste, l’originalité de Vertov résidant dans l’idée de vouloir se servir d’un support. Cependant, les moyens d’enregistrement que Vertov avait à sa disposition à l’époque étaient trop rudimentaires. Dans sa biographie sur le cinéaste russe, Georges Sadoul signale la relation étroite qui existe chez Vertov entre ses premières recherches sonores et musicales et ses ultérieurs développements dans le cinéma. Vertov lui-même l’explicite dans ces termes :

Et voici qu’un jour de printemps 1918, je rentre de la gare. J’ai encore aux oreilles les soupirs, le bruit du train qui s’éloigne… quelqu’un jure… un baiser… quelqu’un s’exclame… Rire, sifflet, voix, coups de la cloche de la gare, halètement de la locomotive… Murmures, appels, adieux… Je pense chemin faisant : il faut que je finisse par dégotter un appareil qui ne décrive pas mais inscrive, photographie ces sons. Sinon, impossible de les organiser, de les monter. Ils s’enfuient comme fuit le temps. Une caméra, peut-être ? Inscrire ce qui a été vu… Organiser un univers non point audible, mais visible ? Peut-être est-ce là la solution ?

Si par la suite, il devient le grand cinéaste que l’on connaît et qui tient une place de choix dans l’histoire du cinéma, Vertov reste un artiste profondément musicien. Cela se manifeste non seulement dans sa conception du montage cinématographique où il applique des principes musicaux -tels que le rythme ou l’intervalle-. Cela est aussi rendu visible par les multiples références aux sons, à la musique ou à l’écoute et trouve sa meilleure expression dans la remarquable bande son qu’il a composé pour son film sonore Enthousiasme ou la Symphonie du Donbass.

Avec :

Bernard Eisenschitz , historien et critique, spécialiste du cinéma soviétique

Valérie Pozner , chercheuse au CNRS

Jean-Pierre Eskenazi , directeur de publication du livre « Dziga Vertov et l’invention du réel »

Ramuntcho Matta , artiste pluridisciplinaire

Et la voix de Jean Rouch

Textes de Dziga Vertov

lus par Arthur Igual , Hélène Lievain et Jean Rouch

Extraits du film

« Enthousiasme ou la Symphonie du Donbass » de Dziga Vertov

« Le tombeau d’Alexandre » de Chris Marker

Livre de référence

Dziga Vertov, Articles, journaux, projets , traduction et notes par Sylviane Mossé et Andrée Robel, Paris : Union générale d'éditions, 1972

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