LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Fragments d’une exploration / Maria Casarès

59 min

Un atelier de création de Florence M.-Forsythe

Réalisation Isabelle Yhuel

Mixage Stéphane Desmons

Maria Casarès
Maria Casarès Crédits : Anne Bertoin

Qu’évoque aujourd’hui le nom de Maria Casarès ?

Comme un voyage à rebours nous partons dans sa maison de la Vergne où nous pourrions peut-être trouver des traces.

Ce qui apparaît, c’est une femme libre et courageuse, engagée dans sa propre quête : celle d’une identité à rejoindre comme à conquérir. Maria le fera par le théâtre, par sa manière d’appréhender ses rôles. Une liste. Casarès aime les listes : plus de cent cinquante rôles en un demi-siècle.

Nous rejoignons Charles Gonzalès au théâtre des Mathurins. Maria Casarès dira qu’elle « nait au théâtre » dans ce lieu. Dans sa voix, on perçoit celle de l’exilé qu’est Albert Camus quand elle prononce ici quelques phrases du Malentendu . De l’exil au défi, il y a une façon d’être là, sur la scène.

Connaissez-vous Maria Casarès ? L’enquête se poursuit.

Maria Casarès s’appréhende au travers du geste, du mouvement, de la voix. Le geste tragique de Casarès pour Myriam Tanant, c’est celui qui relie la comédienne à un au-delà son visage est ce qui dit la transfiguration pour Geneviève Duval. De Lady Macbeth à la femme qui traverse La Nuit Obscure avec Maurice Béjart, il existe une manière bien particulière de dessiner l’espace comme de travailler la voix – diffractée, criée, étirée, murmurante.

Casarès ne traverse pas les miroirs ici, mais on l’entend lorsqu’elle est la Reine Verte qui appelle son peuple d’insectes à se rassembler… on écoute ses sonorités qui sont celles d’un instrument. En contrepoint la musique de Marc Marder.

Et puis, n’oublions pas cette Phèdre racinienne. Elle réapparait – de Sarah Bernhardt à Dominique Blanc en passant par Marie Bell - on perçoit des registres où Casarès inscrit sa propre diction dans la modernité de l’art de dire l’alexandrin, dans un jeu intériorisé. Jean Gillibert évoque ce moment difficile où Casarès ne sera pas acceptée.

Casarès oubliée ?

Pour l’actrice le sentiment du tragique vient de l’Espagne. Maria aurait-elle été oubliée parce que trimbalant en elle, dans sa voix et dans son corps, les couleurs de l’exil, celles de l’âme ibérique et qui fait tant peur, par son excès de passion, au tempérament français plus cartésien comme le souligne Serge Rezvani ?

Que reste-t-il aujourd’hui de Maria Casarès ? Un visage, un regard, comme le soulignent Evelyne Istria et Maud Rayer, certes. Mais surtout une façon d’être libre, indépendante, de refuser les modes et les étiquettes pour vivre entièrement sa vie.

Avec la participation dans l’ordre d’apparition de Carol-Ann Willering, Maud Rayer, Maxence Mailfort, Charles Gonzalès, Myriam Tanant, Annie Mercier, Geneviève Duval, Jean Gillibert, Dorothy Polley, Serge Rezvani Evelyne Istria

Musiques de Marc Marder

Archives I.N.A. – extraits du Malentendu , de La Reine Verte de Maurice Béjart, de Phèdre (1957) Lady Macbeth (1954) Chant Funèbre pour Ignacio Sanjez Mejiras orchestré par Maurice Ohanan Oratorio Ville de Pierre Métral

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......