LE DIRECT

Irakistan

59 min

D’Edouard Beau et Gilles Mardirossian

(Rediffussion de l'ACR du 05/04/2012)

Un peshmerga lutte contre daash
Un peshmerga lutte contre daash

Des plages de Sangatte, 2002, jusqu'aux faubourgs de la ville oubliée de Mossoul, 2007, j'ai tenté de documenter les raisons de l'exil de centaines de jeunes vers l'Europe et plus particulièrement celles des kurdes d'Irak.

Irakistan est la seule pièce sonore de ce puzzle qui tente petit à petit au travers de photographies, de vidéos et de textes de faire apparaître certaines de ces raisons.

Après 30 années d'ingérence de l'Occident dans les affaires régionales du Moyen-Orient, cette création radiophonique (qui est aussi la base d'un film) dépeint le quotidien de la ville de Mossoul, ancien protectorat français, au travers de mes archives personnelles et de celles d'une jeune peshmerga kurde, autrefois promis à une carrière de journaliste.

En allant à contre-courant du caractère instantané de l'information telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui, je tente ici de remettre en perspective les évènements qui ont secoué la région depuis 1991. Je ne cherche pas ici à raconter une histoire, mais bien à laisser les documents se raconter eux mêmes, sans interdits ni tabous éditoriaux liés à des intérêts politiques, économiques ni même partisans. Laisser l'auditeur plonger dans la réalité d'une ville qui a été écartée des écrans et des journaux, soit par paresse soit par manque de volonté de documenter une situation qui se dégradait sans cesse.

En parallèle, au travers de deux témoignages, il se raconte ici l'histoire du renouveau de la région kurde d'Irak après des années d'oppression et ce par rapport au reste de l'Irak qui s'enfonce dans le chaos. Un ancien pershemerga témoigne de son engagement dans la révolution kurde. Un jeune arabe, interrogé par l'armée irakienne, dépeint les raisons de sa résistance.

En 2007, à Mossoul, Farhad, un jeune soldat m'achetait les cassettes Hi8 dont j'avais besoin à Erbil tandis que je restais dans la caserne, durant le tournage de mon premier film, Searching for Hassan .

En 2009, au Kurdistan, je le recroise, il me donne 10 cassettes DV: il a continué de filmer après mon départ et me demande de faire quelque chose avec ce matériel. Nous nous sommes en fait passé le relais sans vraiment le savoir.

De retour en France, ce sera l'occasion pour moi, en ressortant mes archives personnelles, de redécouvrir les raisons de mon attachement inconscient mais fort à ce pays : l'Irak.

Il s'agit ici de l'étude des failles intercommunautaires dans l'ère post-Saddam dans la ville de Mossoul, au travers de la vie quotidienne d'une unité de l'armée irakienne et de leurs archives non censurées.

Collisions et tissage d'archives sonores, images de téléphones portables ou extraits de la télévision locale, pour raconter une histoire en marche, tenter l'édification d'une mémoire collective et donner la parole aux irakiens et aux kurdes, telles ont été mes seules contraintes.

Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester

Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavarder.

Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde !

Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut

Pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt :

Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde.

Bertolt Brecht

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