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Visiteur devant une toile lors de l'exposition "Jean-Michel Basquiat: Now's The Time" à Toronto le 7 février 2015.

New York Héroïque (2/2) : "Basquiat, il était horrifié à l'idée d'être un cliché"

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2011 |Suite du témoignage de Stephen Torton qui a été l'assistant de Basquiat pendant neuf mois. On plonge avec lui dans le New-York tumultueux du début des années 1980.

Visiteur devant une toile lors de l'exposition "Jean-Michel Basquiat: Now's The Time" à Toronto le 7 février 2015.
Visiteur devant une toile lors de l'exposition "Jean-Michel Basquiat: Now's The Time" à Toronto le 7 février 2015. Crédits : Cheryl Duggan/ Crowdspark - AFP

*New York Héroïque (2/2) * de Béatrice Leca et réalisé par Gaël Gillon

C'est le début des années 1980, ils ont vingt ans certains pas encore, ils ont voyagé, certains en Europe certains dans la rue. Ils se rencontrent par hasard : mêmes clubs, mêmes quartiers, mêmes drogues. Ils se quittent, se retrouvent, ils cherchent seuls - ils inventent la culture de cette décennie. Parmi eux, Jean-Michel Basquiat, ou John Lurie, ou Esther Balint, ou Jim Jarmush, ou Madonna, ou Toxic, ou Rammellzee. Parmi eux, l'héroïne, l'art, le hip-hop, le racisme, Miles Davis, la célébrité folle, l'argent. Parmi eux, Stephen Torton. Un an presque, il a été l'assistant de Basquiat. Lors de l'exposition Basquiat au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Stephen Torton se tenait au milieu des tableaux et racontait : la vie à New-York alors, la jeunesse pure à laquelle ils s'étaient entièrement offerts, la vie héroïque.

Basquiat, il était d'une autre planète. Il était un mélange de phénomènes tellement contradictoires. On ne peut rien dire sur lui sans dire le contraire. Il surfait bien les contradictions. Il en était conscient mais il ne trouvait pas les contradictions contradictoires. Il trouvait que c'était ça qui lui donnait l'énergie.

Stephen Torton commente leur rythme de vie avec Basquiat, ils étaient "comme des piles, tu te réveilles et tu restes debout le plus longtemps possible", il poursuit, "ce n'était pas du tout un rythme humain". La drogue était partout à cette époque, "c'est le grand mensonge, la drogue", selon lui mais il reconnaît que "c'était glorieux, la vie" et l’héroïne les faisaient se "sentir héroïques, puissants".

Basquiat a adoré le succès, il a adoré l'argent, il était un bon vivant, un bienveillant et il a fait tout pour que cet argent aille loin, touche un maximum de vies. Il était vraiment hyper angoissé à l'idée d'être le cliché du Noir qui fait faillite, qui dépense tout et qui malgré le succès tombe en victime du système dominant des Blancs, des banques, des créditeurs... Il ne voulait pas être un junkie, il était horrifié à l'idée d'être un cliché.

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