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Mai 1968, la mémoire contestée

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A l’exception de la guerre d’Algérie, on peine à voir des événements qui aient laissé, dans la seconde moitié du vingtième siècle, une empreinte aussi puissante sur l’imaginaire politique français que mai 68.

Mai 68, la mémoire contestée
Mai 68, la mémoire contestée Crédits : Radio France

Difficile d’appréhender le continent mai 68, tant ses modalités sont diverses. S’agit-il d’une révolution manquée ou d’une gigantesque farce estudiante ? D’un bouleversement culturel et générationnel ou d’une destruction des valeurs françaises traditionnelles ? D’un passage à la modernité ou d’une porte d’entrée dans la société de consommation à outrance qui caractérise notre époque ?

Probablement un peu de tout cela.

Enfant tout à tour chéri et mal aimé de notre vie politique, mai 68 n’en finit pas de générer des débats politiques qui depuis plus de quarante ans oppose les pro et les anti-68.

Près d’un demi-siècle plus tard, mai 68 enflamme toujours les imaginations, pour le combattre ou en encenser la mémoire.

Rien que ces dernières semaines, on a pu assister à la mise en accusation de Marcel Gauchet, intellectuel notoirement critique de la pensée 68 par un groupuscule de gardiens du temple gauchistes ou aux tribulations d’un Eric Zemmour surfant sur la vague d’opposition à 68, accusé de tous les maux.

Comme si mai 68 représentait à lui seul cette modernité qu’il faut à tout prix défendre ou au contraire honnir et combattre.

Comme si cette mémoire ne voulait pas devenir une mémoire, c’est à die un souvenir plus ou moins apaisé et laissé en tous cas à l’interprétation historique, mais au contraire se prolongeait sous d’autres formes jusqu’à notre époque.

Mai 68 événement perpétuel dont le monde politique use et abuse.

Au-delà des débats les plus récents, nous avons voulu nous pencher sur les usages politiques de mai 68, interpréter l’histoire de sa mémoire, et ses influences dans notre vie politique et sociale.

Comprendre comment le monde politique et intellectuel s’est emparé dès la fin des années 60 de la mémoire du joli mois de mai pour l’intégrer dans un agenda politique qui lui était propre.

Expliquer pourquoi cet événement cristallise-t-il autant d’oppositions dans l’univers politique.

Analyser la mémoire d’un événement lorsqu’elle est un objet de conflit politique.

Ce sont ces questions, et bien d’autres, que nous allons aborder aujourd’hui avec Thomas Wieder et nos invités dans cette nouvelle édition de L’Atelier du pouvoir.

Invités:

Henri Weber, député européen

Gaël Brustier, docteur en science politique

Julie Pagis, chercheuse au CNRS, université Lille 2

Roman Krakovsky, historien et chercheur post-doctorant à l'EHESS, spécialiste de l'Europe centrale et oriental

le conseil de lecture de la semaine:

"Le Pouvoir- concepts, lieux, Dynamiques

sous la direction de Jean-Vincent Holeindre (Editions des Sciences Humaines)

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