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L'hostilité contre la classe politique qui s'exprime dans les manifestations et les mouvements sociaux est-elle révélatrice d'un malaise dans la démocratie ?

Pourquoi déteste-t-on la politique ?

44 min

Comment expliquer la défiance des citoyens pour la politique ? Conséquence du retrait des individus de la sphère publique en démocratie, ou des dérives de la politique politicienne ? Comment dépasser cette désaffection, et tenter de réenchanter la politique ?

L'hostilité contre la classe politique qui s'exprime dans les manifestations et les mouvements sociaux est-elle révélatrice d'un malaise dans la démocratie ?
L'hostilité contre la classe politique qui s'exprime dans les manifestations et les mouvements sociaux est-elle révélatrice d'un malaise dans la démocratie ? Crédits : PASCAL VANDON / Citizenside - AFP

En colère, fatigués, écoeurés, indifférents, perdus ou résignés, qui n’a ressenti de distance, voire de détestation pour la politique ?

Alors que notre condition d’êtres démocratiques devrait nous inciter à participer à la vie publique, domine dans nos sociétés une défiance, voire un rejet de la politique, perçue comme activité vile et décevante.

A qui la faute ? Pour les lecteurs d’Alexis de Tocqueville et son œuvre majeure De la démocratie en Amérique, c’est le retrait des individus démocratiques dans la vie privée qui expliquerait la distance avec la politique. L’apathie générerait un désengagement général.

D’autres dénoncent les excès de la politique politicienne, accusée de détourner l’intérêt général au profit d’une caste qui a confisqué le pouvoir, ne laissant comme choix aux citoyens que d’observer, impuissants, des joutes stériles, sans que leur voix ne soit prise en compte.

« Notre système électoral ne fonctionne pas à l’adhésion, plutôt au découragement. La représentation veut dire la délégation, et en un sens la démission. Le système est fait pour que les gens démissionnent, et s’ils démissionnent cela prouve qu’il marche bien. » Jacques Rancière

Sans disqualifier l’une ou l’autre de ces hypothèses, on constaste sur ce sujet un étonnant paradoxe. Dans plusieurs récentes enquêtes électorales, l’idée que le personnel politique ne s’occupe pas des problèmes des gens ordinaires domine largement dans l’opinion. Mais dans le même temps, la confiance dans la démocratie atteint encore en France des niveaux record, notamment après les attentats du 13 novembre 2015, avec des taux d’adhésion de l’ordre de 90%.

Dès lors, comment s’exprime la détestation de la politique ? Est-elle univoque ? Quelles seraient les conditions pour que se produise, si cela est possible, un ré-enchantement de la politique ?

Pour évoquer ces questions majeures et si prégnantes dans nos vies, nous avons décidé de croiser les regards, comme il est de coutume dans l’Atelier du pouvoir, en ayant le plaisir de recevoir un philosophe, Jacques Rancière, et un politiste, Daniel Gaxie, pour ce nouvel Atelier du pouvoir qui répond à la question : pourquoi déteste-t-on la politique ?

« Si l’on veut réenchanter la politique il faut réfléchir aux mécanismes pour la réenchanter pas seulement au niveau national, mais au niveau où les choses se discutent, européen et mondial » Daniel Gaxie

Jacques Rancière, Daniel Gaxie
Jacques Rancière, Daniel Gaxie Crédits : AD - Radio France
Intervenants
  • philosophe, professeur émérite à l'Université de Paris VIII (Saint-Denis)
  • professeur de science politique, université de Paris I-Sorbonne, directeur du Centre de recherches politiques de la Sorbonne (CRPS).
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