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Qui gouverne en Corse ?

41 min
À retrouver dans l'émission

La Corse occupe une place particulière dans l’imaginaire français. Celui d’une île soucieuse de voir reconnaître sa spécificité culturelle et dont la tradition politique a donné à la France aussi bien Napoléon Bonaparte qu’Yvan Colonna. Au-delà des clichés culturalistes, comment s’organise le pouvoi


 Edmond Simeoni, Jean Christophe Angelini et Jean-Guy Talamoni, octobre 2005.
Edmond Simeoni, Jean Christophe Angelini et Jean-Guy Talamoni, octobre 2005. Crédits : E.Gaillard - Reuters

Au-delà des clichés culturalistes et de « l’invention de la tradition » d’une rébellion constitutive de la Corse - pour reprendre l’expression du théoricien du nationalisme Eric Hobsbawm, comment s’organise le pouvoir politique sur l’île de Beauté ?

La Collectivité territoriale de Corse dispose d’un statut particulier depuis 1991 qui organise le pouvoir entre un Conseil exécutif, une assemblée et un conseil consultatif. Avant-garde de la République décentralisée conférant à la Corse un régime fiscal dérogatoire mais non dotées de pouvoir législatif, ces institutions sont censées permettre d’adapter les lois aux spécificités insulaires d’une économie pauvre et fortement dépendante du tourisme.

La principale singularité corse, qui s’est encore illustrée lors des élections régionales de décembre dernier, semble surtout tenir à la vigueur du mouvement autonomiste et nationaliste, dont les leaders Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni tiennent aujourd’hui le haut du pavé.

Héritiers d’une histoire mouvementée, parfois sanglante, les "natios" comme on les appelle en Corse espèrent leur heure venue, et fort de leur récente victoire, tirent aujourd’hui des urnes le pouvoir qu’ils ont longtemps revendiqué par les armes.

Le gouvernement ne semble pas avoir vu venir cette victoire, et comme souvent vis-à-vis de la Corse, hésite entre attentisme et coup de menton républicain. Ces tergiversations traduisent surtout sa difficulté à proposer de véritables alternatives pour le développement de l’île, comme pour les autres départements français d’outremer.

Alors, que nous dit cette élection sur la vie politique corse, ses lieux et ses réseaux de pouvoir ? Que peuvent espérer les nationalistes, et avec quel soutien de la population ? La séquence que nous vivons consacre-t-elle véritablement un changement politique majeur ou n’est-elle qu’un ras-le-bol contre une vie politique locale sclérosée qui ne parvient à surmonter les difficultés de la Corse ?

Ce sont les questions que nous posons aujourd’hui à nos invités:

Nicolas Alfonsi, ancien député de la Corse du Sud (sous l’étiquette PRG), sénateur de 2001 à 2014 et 51ème nom sur la liste Garantie Républicaine menée par Jean Zucarelli aux élections régionales de décembre dernier.

et Ariane Chemin, journaliste au Monde et envoyée spéciale en Corse au lendemain du 2ème tour des régionales.

La séquence internationale sera consacrée à la Sardaigne et ses relations avec l'Italie avec Christophe Roux , Professeur à l'université de Nice.

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