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Jules, Jim et Kathe : un pur amour à trois 1/2

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À retrouver dans l'émission

A l’occasion de l’exposition consacrée à François Truffaut à la Cinémathèque de Paris, nous vous proposons une rediffusion en 4 épisodes de

Jules, Jim et Kathe : un pur amour à trois Par Blandine Masson

Lettres, journaux, roman, film

Réalisation Jacques Taroni

D’après le journal de Helen Hessel, les carnets de Henri-Pierre Roché et son livre « Jules et Jim »

Choix de quatre émissions, extraites d’un feuilleton diffusé pour la première fois sur France Culture en mai 1990.

Avec Andréa Schieffer , (Helen) Jean Pennec (Pierre), Roland Waden (Albert) , Mikaël Jakob (Franz) et Alain Rimoux (narrateur).

Le Journal de Helen Hessel et les carnets de Henri-Pierre Roché sont publiés aux éditions André Dimanche.

En 1990 puis 1992, j’ai publié avec Antoine Raybaud et André Dimanche les journaux respectifs de Henri-Pierre Roché et de Helen Hessel . Pour la première fois des lecteurs avaient accès à « la vraie histoire de Jules et Jim », en tout cas à la matrice de l’œuvre de Henri-Pierre Roché . Franz Hessel et HP Roché étaient de fidèles amis, l’un était allemand , l’autre français, ils aimaient souvent les mêmes femmes e et chacun était le passeur de la culture de l’autre. Lorsque Franz, le futur père de Stéphane Hessel rencontra Helen, il prévint Roché « pas celle-là, Pierre ». Mais l’été 1920, Franz et Helen invitent à Hohenshäftlarn H.P.Roché. Commence alors une histoire d’amour passionnée entre Pierre et Helen. Lorsque Pierre revient à Paris, il propose à Helen d’écrire l’histoire de leur amour. Helen lui envoie alors dans des petits carnets bleus (25), cette histoire écrite sous forme de journaux. Roché, graphomane fou et auteur d’un immense journal qui couvre près de 30 ans de vie quotidienne, avait de son côté écrit chaque jour le récit de leur vie amoureuse. Ainsi nous pouvons lire sur les mêmes journées, le point de vue de chacun. La confrontation des deux journaux donne à Roché l’idée qu’ils peuvent à deux écrire une œuvre unique et nouvelle, un texte à quatre mains. Helen refuse, elle écrit finalement « pour elle et pour le bon dieu ». Roché n’abandonnera jamais son projet fou d’écriture commune, le menant à bien tout seul, désespéré par la nouvelle de la mort de Franz qu’il apprend à Dieulefit où il s’est réfugié. C’est là que commence l’écriture de Jules et Jim, un roman que Roché mettra dix ans à terminer, qu’il publiera en 1953 et qu’il enverra à Helen en signant « HP Roché, l’ombre de Jim. »

Quelques années plus tard, François Truffaut trouve le livre chez un bouquiniste, il est émerveillé, il appelle Jeanne Moreau pour jouer le rôle de Catherine (alias Helen), demande à Rezvani une chanson (« Le tourbillon de la vie ») et ainsi Jules et Jim entra dans la mémoire collective. Roché avait prévenu à la fin de Jules et Jim, « un jour l’on trouvera peut-être les journaux de Catherine » ... C’est ce qui nous est arrivés, à Antoine Raybaud, André Dimanche et moi-même. Nous nous sommes trouvés devant les carnets d’Helen et ceux de Roché et nous nous sommes lancés dans leur publication. Le Journal d’Helen est presque une œuvre en soi : écrit en trois langues, allemand, anglais, français, il est tout à la fois récit, dialogue, expérience philosophique, poésie, théâtre intérieur.

Intrigué par l’existence de ces journaux, Alain Trutat , le grand patron de la fiction à la radio, me proposa de composer un feuilleton à partir de tous les matériaux disponibles pour raconter cette histoire : les journaux bien sûr, mais aussi le roman et le film. C’est ce que je fis, accompagnée dans ce travail par A. Trutat lui-même, qui devait être, je m’en rends compte aujourd’hui, tout à fait fasciné par cette histoire d’amour et d’écriture, une sorte de Tristan et Yseult moderne, et de désir de faire œuvre commune de la part des protagonistes. Et surtout le sentiment exceptionnel chez eux, Helen Hessel, Franz Hessel, Henri-Pierre Roché, que leur histoire les dépassait et qu’elle donnerait naissance à une œuvre nouvelle et à un nouveau mythe, celui de l’amour libre qui devint l’étendard de l’après-68.

L’amour libre fut aussi au fil du temps un amour malheureux et même tragique. Roché et Helen Hessel devinrent de vrais ennemis et Franz Hessel, juif, enfermé au camp de Sanary, mourut d’épuisement pendant la Seconde Guerre.

Vingt ans plus tard, nous rediffusons 4 épisodes du feuilleton qui avait été réalisé par Jacques Taroni à l’époque. Mixage de la vie et de l’écriture, ces 4 épisodes racontent à la fois la fin tragique d’une histoire d’amour et en même temps la manière dont chacun vécut cet amour, et dont chacun en fit la matière même de son écriture.

Blandine Masson

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