LE DIRECT

Une écriture en résistance et des légendes en contrebande 4/4

59 min
À retrouver dans l'émission

Cycle de quatre émissions d’une heure proposé et composé par Ariane Ascaride et Hélène Roussel

Réalisation : Marguerite Gateau

Anna Seghers avait un sourire magique, le sourire de ceux qui sont traversés par une envie irrésistible de raconter aux autres des histoires qu'elle se racontait à elle-même. Netty Reiling naît avec le 20e siècle, à Mayence, dans une famille juive aisée et cultivée. Après des études en histoire de l'art, elle se décide pour l'écriture et devient Anna Seghers. Cette romancière et nouvelliste majeure de la littérature allemande contemporaine est pourtant méconnue en France. Il nous a paru important de faire découvrir son œuvre à travers un cycle de quatre émissions d’une heure qui forment un portrait de l’écrivain à travers des extraits de correspondances, journaux, nouvelles et romans. Une œuvre où se côtoient l'histoire et les mythes, les contes et la politique. Où la grande Histoire se mêle au parcours individuel de personnages humbles et anonymes qui, dans des situations où se révèlent leur grandeur et leur humanité, prennent une dimension universelle. Encore inconnue, elle obtient en 1928 le prix Kleist, le plus grand prix littéraire allemand d'alors. Devenue communiste, elle assiste à Berlin à l'effondrement d'une Allemagne minée par la crise mondiale et la montée du nazisme. Très tôt après l'avènement d'Hitler, Anna Seghers et son mari Laszlo Radvanyi, menacés d'arrestation, sont contraints à un exil qui les conduira avec leurs enfants de Paris à Mexico, en passant par Marseille. C'est dans ces villes d'accueil précaire qu'elle écrira plusieurs œuvres majeures, comme La Septième Croix (1939), roman sur la résistance allemande au nazisme, et Transit (1941/43), où elle témoigne de la situation inextricable d'exilés sans papiers qui se retrouvent à Marseille, espérant des visas salvateurs, dans une France de Vichy devenue souricière. Auparavant, elle avait dû se cacher plusieurs semaines dans Paris occupé, expérience dont sa nouvelle Le Refuge (1941) porte l'écho. Et au Mexique, après un grave accident, Anna Seghers écrira la plus forte de ses nouvelles : L'Excursion des jeunes filles mortes (1943/44). En manque de sa langue maternelle et de son pays, elle regagne en 1947 une Allemagne divisée et un Berlin méconnaissable. Un retour au pays ? Mais quel retour et dans quel pays ? La nouvelle La Nef des Argonautes (1949) porte en filigrane la trace de telles interrogations. Vivant à Berlin-Est, elle ne renoncera pas, même si le réalisme socialiste y devient doctrine officielle, à son écriture propre. Sa nouvelle La Rencontre insolite (1973) livre discrètement les bases de son art poétique. Jusqu'au bout, Anna Seghers gardera pour moteur de son écriture cette double impulsion : « Raconter ce qui aujourd'hui m'émeut, et le chatoiement des contes ».

Ariane Ascaride, comédienne, et Hélène Roussel, germaniste et traductrice

4ème émission

Avec :

Ariane Ascaride

Gabriel Dufay

Aurélie Youlia

Andréa Schieffer

Daniel Martin

Yann Goven

Musique André Litolff

Prise de son, montage et mixage : Claude Niort, Manon Houssin

Assistante à la réalisation : Lise-Marie Barré

Ce cycle est podcastable durant 1 an et réécoutable durant 1000 jours à partir de sa première date de diffusion

Intervenants
L'équipe
Conseiller(e) littéraire
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......