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Mahmoud Darwich, à Paris en 2001

"Une mémoire pour l'oubli et Discours de l'Indien rouge" de Mahmoud Darwich

58 min
À retrouver dans l'émission

« A l’occasion des 10 ans de la disparition du grand poète Mahmoud Darwich, France Culture vous propose la rediffusion de 2 Fictions de 2010.

Mahmoud Darwich, à Paris en 2001
Mahmoud Darwich, à Paris en 2001 Crédits : Ulf Andersen - Getty

2 textes choisis et interprétés par Mohamed Rouabhi
Réalisation : Marguerite Gateau

En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au-delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes en prose. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, Une mémoire pour l'oubli recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli. 

Depuis que le monde est monde et depuis que l'homme est homme, il n'y a pas que les Palestiniens qui ont vu leur territoire occupé. Les Indiens d'Amérique, entre autres, ont également connu cette horreur. Les Indiens qui, comme les Palestiniens, vivaient leur rapport à la terre d'une manière tout autant sacrée que politique. C'est pour cela qu'un jour Mahmoud Darwich, se reconnaissant dans ce peuple bafoué, a écrit Discours de l'Indien rouge, discours qu'un chef indien aurait prononcé devant les Sénateurs américains et où on comprend pourquoi son peuple a vécu ces événements comme un destin imparable, au point de s'excuser des arbres qu'il leur fallait couper pour satisfaire leurs besoins vitaux. En se mettant dans la peau de cet homme d'un autre continent que le sien, d'une culture différente de la sienne, l'écrivain palestinien a cherché à défendre l'innocence des choses, l'enfance de l'humanité, l'harmonie de l'univers et de la nature, harmonie que l'homme blanc a rompue par sa conduite. 

Avec la voix de Claire Lasne EDarcueil et celle de Mahmoud Darwich

Bruitages : Sophie Bissantz Equipe de Réalisation : Claire Levasseur, Clotilde Thomas Assistante de réalisation : Anne-Laure Chanel

Né en 1941 près de Saint-Jean-d'Acre, Mahmoud Darwich était poète. Il était aussi palestinien. Arraché à sa terre à l'âge de 6 ans, il fut ballotté dans la tourmente politique et la guerre de libération. Porte-parole malgré lui de tout un peuple, ses premiers textes furent associés à la cause palestinienne, sans toujours y avoir été destinés. Sa poésie, adulée dans le monde arabe, chante l'exil, la guerre, la prison, l'amour. Ce succès populaire, il le doit en grande partie aux nombreux artistes qui ont chanté ses vers. Mahmoud Darwich n'a jamais voulu être ni héros ni victime, seulement un homme, apatride, avec ses souffrances et ses joies simples. C'est sûrement cette volonté farouche de se démarquer de toute forme de militantisme qui donne une telle force à sa poésie. Celle-ci lie l'intime et le collectif, l'amour d'une femme et celui d'une terre, l'expression du désir de vivre et celle du combat politique. A travers une œuvre qui comprend vingt grands recueils de poésie ainsi que plusieurs ouvrages en prose et de nombreux articles, Mahmoud Darwich réinvente une langue empreinte des modèles de la littérature arabe médiévale ; il réhabilite les muallaqu'ats délaissées par ses contemporains et redonne ses lettres de noblesse à une langue ancestrale en l'ancrant dans un présent qu'il souhaite au plus proche du réel. Un réel violemment rattrapé par l'Histoire : " Notre problème littéraire permanent, à nous, Palestiniens, est que nous sommes condamnés à être les enfants du moment immédiat, parce que notre présent ne se résout ni à commencer ni à finir. "  Mahmoud Darwich est mort à Houston (Texas) le 9 août 2008.
Les 2 textes de Mahmoud Darwich sont publiés aux éditions Actes-sud

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