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Numéro 13. Nom et prénom

1h
À retrouver dans l'émission

Claudia Rogge
Claudia Rogge Crédits : Radio France

L’Atelier intérieur s’ouvre au nom et au prénom. On porte un nom, mais quelle est son poids ? On nous a baptisés, on a choisi pour nous. On vient au monde et on est définit par le discours des autres. On dit un nom de famille . C’est donc celui du père. Freud avait cette formule : les noms font des enfants : des revenants . Le nom associe des morts et des vivants. Il nous rappelle que NON, nous ne sommes pas le premier homme. On arrive : après lui lui et lui aussi . C’est d’ailleurs eux qui nous ont fait. Mais est-ce que ce qu’ils ont pensé coïncide avec ce que l’on est ? Le metteur en scène Jérôme Deschamps a dit : la personne qui figure sur notre carte d’identité, c’est celle qu’on aurait pu devenir . Un nom de passeport n’est pas un nom de vie. C’est une possibilité et ce serait facile, décevant de s’en tenir là. De s’arrêter au premier jour. L’image de départ ce soir est celle d’Edouard Louis il parle de son père: Il avait décidé de m’appeler Eddy à cause des séries américaines qu’il regardait à la télévision (toujours la télévision). Avec le nom de famille qu’il me transmettait, Bellegueule, et tout le passé dont était chargé ce nom, j’allais donc me nommer Eddy Bellegueule. Un nom de dur . On dira alors plus tard : il est un peu spécial le fils Bellegueule . Est-ce qu’un nom ça nous réduit ça nous simplifie ? On peut se sentir : mal nommé . Le nom n’est pas propre il a été utilisé, usé, sali parfois. L’historien Marc Bloch écrivait : Les hommes ressemblent plus à leur temps qu’à leur père . Il y a dans les visages le contraire d’un prénom et d’un nom. Le contraire de ce qui se dit en un mot. Il y a dans les visages quelque chose qui fait tout taire. Il n’y a pas de mots. Il n’y a pas de noms. Ce sont des commodités : qui n’a pas été nommé, n’a jamais existé. Marguerite Duras devenue Duras a écrit : Pour la première fois mon nom prononcé ne nomme pas . On peut dire Eddy et plus personne : parti. On peut l’appeler : Eddy . Il n’y aura pas de réponse. Certains diront : pour qui il se prend ? On se prend pour l’opposé d’une carte d’identité. On se prend pour le contraire d’un papier. On devient un autre en se prenant pour soi même . Un nom de passeport n’est pas un nom de vie. C’est une possibilité , c’est ce que l’on aurait pu devenir, si on avait capitulé.

Eszter Salamon, artiste chorégraphe, pour son travail d’auto fiction autour des homonymes : elle a retrouvé 892 Eszter Salamon : Eszter Salamon 1949 au Jeu de Paume

Edouard Louis , auteur, qui a changé de nom et de prénom, et donc de langue et d’écriture.

La comédienne Constance Dollé lit des extraits d'En finir avec Eddy Bellegueule (Editions du Seuil).

Au téléphone : Céline Masson , psychanalyste, maître de conférences, réalisatrice du documentaire Et leur nom, ils l’ont changé .

LIVE : BLIND DIGITAL CITIZEN

Amélie Bonnin dessine l'émission en studio

amélie 1
amélie 1 Crédits : Radio France
amélie 2
amélie 2 Crédits : Radio France
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amélie 3 Crédits : Radio France
amelie 3bis
amelie 3bis Crédits : Radio France
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amélie 4 Crédits : Radio France
amélie 6
amélie 6 Crédits : Radio France
amélie 7
amélie 7 Crédits : Radio France
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