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Numéro 15. A la nage

1h
À retrouver dans l'émission

Marcel Dinahet
Marcel Dinahet Crédits : Radio France

L'atelier intérieur s'ouvre à la plongée, et à l’apnée. Regarder la mer c’est regarder le tout disait Marguerite Duras. Alors être dans la mer ce serait, un instant, être le tout. Ce soir c’est une ode aux nageurs. A ceux qui frottent leur corps à la ligne d’horizon. Qui font bouger les lignes. C’est de la sensation plutôt que de la contemplation. Un corps à corps. Regarder la mer oui. Mais y entrer. Bouger la perspective en se posant devant. Le nageur a devant lui la ligne de l’eau, la ligne de l’air ; les yeux se glissent dans le mouvement. Ce qui ne fait pas de vagues ne nous intéressera pas. On cherchera à atteindre non pas l’infini mais la profondeur. Pour toucher la terre en son fond. Retenir son souffle, et faire du ressac sa respiration. Pression de la mer, pression des poumons. Garder un lien avec la surface. Se maintenir sur la zone de flottaison. L’image de départ ce soir serait celle-là : les yeux dans les yeux avec la mer pour la première fois. Le corps dans l’eau : la caméra film. Moitié liquide moitié solide, moitié mer moitié terre, on aperçoit le rivage. Le regard bouge avec la vague. C’est Marcel Dinahet qui plonge pour l’image. Il adopte la rhétorique des marées. Se laisse aller dans une eau à forte salinité. L’eau n’éteint pas le feu, c’est un mensonge. Elle excite. Elle rend amoureux. Chaque mer a son histoire, c’est un lieu de mémoire. C’était commencer ce soir par la mer vue de loin avec les mots de Martine Abat, un temps femme de marin. Ce soir se jeter à la mer, et voir ce qui refait surface. Une descente puis une remontée. La question des limites : c’est déjà désuet. Entre le monde et nous, une continuité. La mer ne portera jamais la trace de notre passage, la vie des hommes ne s’y inscrira pas, tout s’effacera : mais elle nous offre pourtant le pouvoir fou, un instant, de rehausser l’horizon. Voilà la technique : prendre la ligne, fixer le niveau 0, viser la mer, et donner son corps. Plonger -- pour sentir et faire remonter la surface de la terre entière

Le chemin ce soir se fait sous l’eau. En apnée en profondeur, puis à hauteur des nageurs. Prêts à la traversée, retenir sa respiration, on est en direct. 4.3.2.1.La mise à l’eau commence maintenant. Pour la nage ce soir, voilà ceux qui sont là : ils viennent de Rouen, de Rennes et de Houlgate. Ils nous apportent la mer et l’océan. Ils viennent parler d’expériences. La mer, l’apnée, le corps.

Un artiste plongeur pour commencer. Marcel Dinahet, photographe, vient de Rennes pour son exposition Regarder la mer au CRAC de Sète. C’est un homme qui pour ses images, photos et vidéos, plonge dans l’agitation de la mer, pour poser le regard dans la houle, et la caméra au gré du vent.

Frédéric Lemaitre, vient de Rouen ce soir, apnéiste et enseignant-chercheur spécialisé dans la physiologie de l’apnée, nous fera vivre la descente puis la remontée.

Céline Duval, vient de Houlgate face à la mer, artiste plasticienne -nom d'artiste : documentation céline duval -, pour sa collection de photos amateur de flottaisons... face à la ligne d'horizon.

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A la chanson, celle qui fait des prières à la mer, Sir Alice -(l'artiste Alice Daquet). Son album Isle of you est sorti le 12 novembre dernier.

En ouverture de l'émission au téléphone, Martine Abat , pour la mer vue de loin quand l'autre part deux ans à la voile.

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Céline Duval, Pêle mêle
Céline Duval, Pêle mêle Crédits : Radio France
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