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Numéro 16. Le déjà vu

59 min
À retrouver dans l'émission

Gea Casolaro
Gea Casolaro Crédits : Radio France

23h et s’ouvre l’atelier intérieur, à la phrase « 23h et s’ouvre l’atelier intérieur » entendue chaque lundi ; on entre dans le déjà vu. Prononcez à l’anglo saxonne « déjà vous ». Je vous ai déjà vu vous. Un visage connu soudain. Un bégaiement de l’instant. Un court-circuit dans l’écoulement du temps. La sensation d’avoir vécu avant, dans le passé, ce moment précisément. « J’ai déjà été ici ». Mais impossible de dire quand, impossible de dire il y a combien de temps. Ce n’est pas de la rêverie non c’est le contraire, du présent trop fortement présent dans deux réalités, lui-même et le passé... et en simultané. On pense au poème de Paul Verlaine Réversibilité. Les déjà sont les encore, les jamais sont les toujours, les toujours sont les jamais, les encore sont les déjà . Le temps n’existerait plus dans une seule direction : c’est une petite extase, un nouvel espace ! L’image de départ ce soir serait celle-là : sur les quais à Paris, l’image d’aujourd’hui. Une femme lit sur un banc de pierre. Puis collée à son exact endroit, sur le même quai, Audrey Hepburn. Bras ouverts, belle dans son imper. Visage connu. Mais des années plus tôt dans Paris. C’est une photo de Gea Casolaro, photographe italienne. Un trompe l’œil temporel. Tout se télescope : c’est le souvenir du présent. Ce soir, ce sera une sortie du temps ordinaire. Qui révèlerait peut être… l’existence d’une vie passée ? une vie antérieure ? une vie parallèle ? Borges écrivait : i l suffit d’une seule répétition pour démontrer que le temps n’est qu’une tromperie . On nous aurait menti. A ton déjà vécu deux ou mille fois ? Refuser l’éternel retour et l’eternel recommencement pour choisir le futur. Ne vouloir que l’original et jamais la copie dans nos vies. Alors, prendre soin de nos lobes temporaux et de notre hippocampe. La mémoire s’y loge. Etre aux aguets des faux souvenirs. Et vouloir l’éternité, oui, sans la répétition, non. Il y a cette cruelle question : peut-on faire de nouvelles images, écrire de nouvelles chansons ? Est ce que c’est possible ? Et finalement, c’est quoi notre vrai pouvoir à vivre du "jamais-vécu", et à faire du "jamais-vu" ?

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Le chemin ce soir sera un trompe l’œil. On vivra le présent en pensant le connaître mais il nous surprendra. La perception collera au souvenir, on fera de la mémoire instantanée et ce sera du jamais vu. On est en direct, et le flash commence maintenant. Pour coller le souvenir au présent ce soir, voilà ceux qui sont là :
Patrick Chauvel , neurologue, neurophysiolgiste, spécialiste de la sensation du déjà vu et des réminiscences.

Deux compréhensions poétiques du déjà vu, et pour le dépaysement : un accent italien et un accent espagnol.
Gea Casolaro, photographe italienne, superposant passé et présent dans ses images. Images du réel et images de films du même endroit.

José Luis Guerin , cinéaste d'avant-garde barcelonais. Parce qu'il y a dans ses films : un double du réel. Des réminiscences. L'image du passé et du présent en un instant.

Live, à la chanson : le collectif FAUVE, avec Pierre, Quentin et Noki.

Et à la lecture, de Freud et de Verlaine, la comédienne Anne Steffens.

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