LE DIRECT

Numéro 18. Il pleut, buée

1h
À retrouver dans l'émission

Sfumato, Rachid Ouramdane
Sfumato, Rachid Ouramdane Crédits : Radio France

L'atelier intérieur s'ouvre à la pluie, au mauvais temps. Parler avant tout pour faire de la buée. Plus pour dire, mais pour l’effet que ça fait. Pour se voir exister. Nous pensons respirer l’air mais nous respirons l’eau. L’œil du cyclone nous localise et ne nous sauvera pas. Ce soir c’est une veillée. 24 décembre. C’est à la fin de l’année qu’on peut penser à l’immortalité. Invoquer le ciel. Lui demander qui est là. Lui dire pourquoi. Au son de la foudre : signe redouté d’une puissance indomptée. Qui décide de la perturbation. Ce beau mot. Perturber la ligne droite. Changement de cap de direction, exil forcé. Les pieds dans l’eau. Mais avec son corps en entier, résister à la giboulée. Alors qu’on est à l’intérieur, au chaud ce soir, parlons de ce qui se passe dehors. Ce que l’on dessine sur les vitres embuées. On entre dans le sans lignes, le sans contours, le sfumato. L’image de départ ce soir, serait celle-là : c’est juste après la pluie. Il se place devant, il avance, il commence. Après la catastrophe, du tap dance . Des claquettes. Il chante, Singing in the rain . Oui, il le fait. Malgré tout, contre tout. C’est dans le spectacle Sfumato du chorégraphe Rachid Ouramdane. Et pour ouvrir l’émission, c’était juste pour nous, Ruben Sanchez m’avait donné rendez vous, chez Anne, devinez ou ? Rue du Ruisseau. L’eau monte. Savoir surfer. C’est une question de survie. Faire des claquettes sous la pluie. Ecrire une chanson. Ne pas glisser. Parce qu’il y a le temps qu’il fait, il y a le temps qui passe et celui qui menace. Il y a le climat qui nous fait bouger. Alors se créer des mirages pour s’accrocher. Observer la pluie sur la vitre, comme une vision de l’avenir. On est à l’abri, mais ça glisse un peu plus qu’à l’habitude. Malgré tout on décide de rester perméable à la vie, pas de parapluie. Ce soir veillons l’éclair, comptons jusqu’au tonnerre, et sachons qu’à cet instant, le temps qui passe devient le temps qui reste.

Le chemin ce soir se fait dans l’humidité, tout glisse un peu plus que d’habitude. Pour la veillée, on entre dans l’ondée, on visera vers minuit l’éclaircie. Nous nous agiterons, nous ferons de la buée, l’eau monte, et ça commence maintenant. Pour l’averse et les eaux fortes ce soir, voilà ceux qui sont là :

Un homme qui vit au gré de la météorologie, Christophe Jacrot , photographe des villes sous mauvais temps et sous la pluie. Il est rentrée de New York après Sandy.

Rachid Ouramdane , chorégraphe, pour son spectacle Sfumato . Il part du documentaire pour basculer dans le poème et montrer l’exil et la résistance des corps des réfugiés climatiques. J’ai voulu deux moments de Sfumato pour ouvrir et clore l’atelier intérieur : les claquettes ont lancé l’heure qui vient, le piano annoncera minuit, avec Deborah Lennie-Bisson . Ne manquera que la pluie en studio

Cynthia Hopkins , metteur en scène américaine, pour This Clement world . Après son expédition dans l’Arctique, en résidence aux Subsistances à Lyon. Elle parle français, grâce à Eve Dayre.

Pour l'ouverture de l'émission, Singin' in the rain avec claquettes, par Ruben Sanchez.

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