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Numéro 21. Le ventre 腹

59 min
À retrouver dans l'émission

Elie Adem
Elie Adem Crédits : Radio France

L’Atelier intérieur s'ouvre au ventre. Centre du monde. Le ventre porte la naissance de l’homme, la peur parfois. Le plaisir souvent. Il a en son centre une marque : le nombril, qui inscrit la trace du premier jour, la coupure avec ce qui nous a précédés, la vie séparée que l’on a choisie. On reprocha à certains peintres d’avoir donné des nombrils à Eve et à Adam, qui n’étaient nés d’aucune femme. Alors notre ventre marqué est celui d’un humain bien humain. Ce serait notre faiblesse. Mais le ventre bouge et le ventre danse. Il désire. Et toutes ces expressions qui mettent en avant le cœur… à cœur ouvert, ce qui me tient à cœur… Elles sont comme toutes faites, presque creuses, elles sont là pour cacher ce qu’il se passe au plus profond, plus loin dans les entrailles, dans notre ventre. Comme si le ventre était plus dangereux. Plus érotique. Plus subversif. L’image de départ ce soir serait celle-là : un ventre se met à bouger et l’homme qui danse on ne l’appelle plus de son prénom Elie, on l’appelle Sultan . Il se métamorphose. Il s’invente une nouvelle vie qui part précisément d’ici, de cette trace première, ce nombril que l’on réactive sans cesse pour renaître chaque fois. Le ventre nous promet qu’aucun homme ne nait une seule fois . On peut changer. En japonais on dit : hara gawari , un ventre qui change , ca veut dire changer d’avis. On a le droit oui, et le ventre dit vrai. Il y aussi cette image, pour parler des gens qui cachent leur jeu : hara no soko no wakaranai hito : des gens faux sont ceux dont on ne comprend pas le fond du ventre . Dans les entrailles, se cache ce qui est viscéral. Saint Augustin écrivait : il y a une soif intérieure et un ventre intérieur parce qu’il y a un homme intérieur. Nous serons donc à ventre ouvert et pas à cœur ouvert ce soir. Et alors nous parlerons avec d’autres mots. Une langue, comme dirait Jean Michel Rabeux, qui serait comme une danse du ventre. Car oui le ventre parle. Rabeux écrit « Vous dites ça me porte au cœur pour ne pas dire ça me porte au ventre, vous dites j’ai mal au cœur, par mépris du mot ventre ». « Le ventre est le siège de l’amour. Il brûle quand vous chantez, il brûle quand vous pensez ». Les ventres en feu ce soir. Un homme nait au moins deux, trois fois dans sa vie. Nous parlerons, vous allez l’entendre et le voir, avec une langue qui sera comme une danse du ventre. Il y aura des nombrils, donc possiblement des naissances.

Eli El Adem, el SULTAN, danseurlibanais, démonstration de danse du ventre.

avec Mathias Pirollo qui joue des percussion katak en studio.

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4 min
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Catherine Delpuech, auteur de Figures japonaises du ventre, Hara dans tous ses états (L'Harmattan).

Jean-Michel Rabeux, auteur metteur en scène. Pour sa « clownerie philosophique » : Le Ventre . (Solitaires Intempestifs)

La comédienne Constance Dollé en lit des extraits (qui elle même... a un ventre arrondi en ce moment )

Hula Hoop avec le danseur François Chaignaud (qui dans sa performance Duchesses tenait 30 minutes en tournant, avec Marie-Caroline Hominal)

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1 min
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Amélie Bonnin dessine les nombrils, elle dessine l'émission en direct

Houla Hoop
Houla Hoop Crédits : Radio France
Mathias Pirollo aux percussions dans le studio
Mathias Pirollo aux percussions dans le studio Crédits : Radio France
Amélie 1
Amélie 1 Crédits : Radio France
Amélie 2
Amélie 2 Crédits : Radio France
Amélie 3
Amélie 3 Crédits : Radio France
Amélie 4
Amélie 4 Crédits : Radio France
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