LE DIRECT

Numéro 27. La jalousie

59 min
À retrouver dans l'émission

Jan Maschinski
Jan Maschinski Crédits : Radio France

Les jaloux seraient priés de se taire ? Ce soir, ils parlent. Ils sont en colère

L'Atelier intérieur s’ouvre à la jalousie. A cette phrase peu prononcée : je suis jaloux, je suis jalouse . A ce sentiment de peu de mérite, gardé pour soi, pensé avec une voix de tête, silencieuse, et avoué, peut être, beaucoup plus tard. La Rochefoucauld l’a très bien dit : On a honte d’avouer qu’on a de la jalousie, et l’on se fait honneur d’en avoir eu et d’être capable d’en avoir . La jalousie est un sentiment passé ou alors il se tait. Elle est indicible au présent. Ce serait un vieux sentiment, démodé, pas dans l’air du temps, il faudrait : ne pas s’en vanter, et avoir honte. Comment, avec : la liberté amoureuse, érotique liberté gagnée, incontestable, flagrante, comment oser retourner en arrière et dire : je suis jaloux ? je suis jalouse ? Pourtant dans la Grèce antique c’était l’affaire des guerriers ou des reines, la passion était noble. L’image de départ ce soir est celle que Giulia Sissa décrit dans son histoire de la jalousie, elle remonte à : Giotto, à sa figure d’Ira, la colère. Une femme la bouche ouverte, déchire sa robe, Ira se met à nu. C’est la montée de la fureur, on l’imagine dans sa voix, on voit tête en arrière : le cri. Giulia Sissa écrit : la femme antique exigeait son du, et moi aussi . Giulia Sissa dit : je suis jalouse . A la façon des anciens, des grecs ou des romains. Puisque la jalousie c’est physique, c’est la contrariété dans le corps. Comme un subtil déplacement de chaque muscle, un peu à côté de soi, pas complètement droit. C’est ceplomb fondu dans la poitrine dont nous parle Stendhal. Mon corps s’ouvrait à une vague glaciale et sèche écrira Catherine Millet. La contrariété dans le corps elle pousse, elle décale. On peut tenter d’oublier, d’avancer dans sa journée mais il y a la contrariété dans le corps. On sait très bien que l’on ne possède personne. Ce n’est pas le sujet. On parlera ici de la jalousie « normale ». Pas de la pathologie. Les jaloux seraient priés de ne pas faire de scène :alors qu’ils réinventent parfois l’art d’aimer. La jalousie peut avoir du sublime, c’est une persistance. C’est : ne pas lâcher sur l’idée de l’irremplaçable, de la singularité, s’accrocher au privilège. Stendhal ajoute : « la jalousie est un événement, elle vous surprend ». L'amour c'est l'événement. Dire la jalousie permettrait de faire sauter la contrariété, de se remettre droit, et d’éviter, soi, de se mettre de côté.

Écouter
8 min
Écouter

Giulia Sissa , chercheuse au CNRS en histoire, anthropologie et philosophie du monde ancien, pour La Jalousie (Odile Jacob) : qui avoue, "je suis jalouse" .

Écouter
4 min
Écouter

Gérard Thomas-Brondeau , détective privé : histoires de jaloux.

Nicolas Maury , jaloux et comédien, auteur, à l'écriture de son premier long métrage dont la jalousie est au coeur

LIVE : PAPOOZ - appel des sirènes

Écouter
3 min
Écouter

Amélie Bonnin dessine les yeux verts, les joues rouges, la colère, elle dessine l'émission en studio

Jalousie 1
Jalousie 1
Jalousie 2
Jalousie 2
Jalousie 3
Jalousie 3
Jalousie 4
Jalousie 4
Jalousie 5
Jalousie 5
Jalousie 6
Jalousie 6
Jalousie 7
Jalousie 7
Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......