LE DIRECT

Numéro 37. L'(extra)ordinaire

1h
À retrouver dans l'émission

Djamel Tatah 1
Djamel Tatah 1 Crédits : Radio France

L’Atelier intérieur s'ouvre à l’ordinaire. Aux histoires vraies. A cette phrase de Ionesco « Quand je prends conscience qu’il y a le monde ». A l’émotion qui suit. Il n’y a plus de personnages, il y a des personnes. Elles racontent simplement : leurs vies. Elles disent JE pour parler d’elles. Mais la réalité, ça ne se voit pas. Pour la faire apparaître, il faut des veilleurs. Des metteurs en forme, des organisateurs du vivant. Dans la rue, dans la ville, tous les jours, on fait partie d’une mise en scène, évidemment, mais elle est invisible. Tout est histoire de déplacement : un homme en déplace d’autres sur une scène et la scène est un monde. François Beaune, transformé en écrivain public, dit : «J’ai enlevé les « peut être ». Les gens n’hésitent pas, ils ne peut-êtrent pas, ils sont ». Les gens ne peut êtrent pas , les gens savent. Leur vie ils la connaissent, il suffit de les faire parler, il suffit de percer, de mettre à jour pour réduire l’étrangeté. L’image de départ ce soir serait celle-là : 100 personnes sur scène. Le spectacle s’appelle 100% parce que les 100 représentent les habitants de Paris. Nous avons ce soir en studio 4%. Qui sommes-nous quand nous sommes des nombres ? Qui sommes nous quand nous sommes des graphiques, des pourcentages ? Dans 100% Paris on pose des questions à voix haute comme : Qui ici croit en Dieu ? Le groupe se divise : d’un côté ceux qui répondent « moi » de l’autre « pas moi ». Moi oui moi non . C’est un modèle réduit de la vie qui conserve sa grandeur. Le nombre se forme devant nous. On voit la pensée bouger. Il faudrait Interroger l’habituel disait Perec, Mais justement nous y sommes habitués . Comment parler de ces choses communes ? Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac , disait-il. Questionnez vos petites cuillers. Qu’y a t il sous votre papier peint ? Décrivez votre rue . Aujourd’hui l’époque cherche : ce qui sort de l’ordinaire . On devrait sortir de l’ordinaire comme d’une maison /comme d’une prison. Alors que l’ordinaire est intérieur, on y entre, on y est bien, on y revient. Ce soir c’est un récit sans adjectif : on ne commente pas. Ce sera une émission sujet/verbe/complément, avec des mots banals : gens, vie, histoire . Des mots blancs, secs, droits, juste comme ça : gens, vie, histoire . Les héros n’existent pas mais l’ordinaire si et il appelle l’extra. Ce soir on ne peut être pas . On n’hésite pas, on connaît l’histoire : c’est la nôtre. On posera des questions pour chez vous, vous faire bouger : à gauche oui, à droite non. Nous sommes des nombres qui bougeons. On dit : moi. Pas moi. Oui. Non. Moi, pas moi , et ainsi de suite. On le dit seul et soudain : on prend conscience qu’il y a le monde, et on bouge ensemble

Stefan Kaegi, metteur en scène du collectif Rimini Protokoll,pour100% PARIS (La Villette).

Avec 4 participants

François Beaune , écrivain, pour ses Histoires vraies .

LIVE : CLEA VINCENT

Amélie Bonnin dessine l'émission en direct

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