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Numéro 8. Les marins

59 min
À retrouver dans l'émission

Outremer, Charles Fréger
Outremer, Charles Fréger Crédits : Radio France

L'Atelier intérieur s'ouvre aux marins. A la marine et au grand air. A la façon dont on l’imagine depuis la terre, à notre fantasme de celui qui part en mer. Il y aurait donc : les vivants, les morts et les marins. La troisième catégorie, la troisième façon. Comment savez-vous si, en voyageant ainsi, je n’ai pas rajeuni obscurément ? écrit Fernando Pessoa. Comment sait-on de quoi sont faits les marins ? On ira ce soir OUTREMER, c'est-à-dire au-delà de notre horizon, au-delà ce que nous, on vit et on connaît. Comment sait-on quand si le corps ne se laisse pas doucement façonné par la mer ? Est-ce qu’il n’est plus touché par le temps, parce qu’il joue sans cesse avec le décalage horaire ? Parce qu’il met un uniforme centenaire ? A quel moment on se glisse dans la tenue, on se sent-on soi à l’intérieur d’un cercle plus grand, on se dit : j’en fais partie . L’image de départ ce soir serait celle-là : une photographie : Pierre, marin, 1935 à Toulon. C’est le grand-père de Charles. Lui, étudiant aux Beaux arts quelques décennies plus tard, décide de travailler le portrait et de commencer par les marins. Pour capter le regard des hommes sur le départ. Depuis Charles Fréger poursuit ses immersions à l’intérieur de communautés : celles des uniformes, hors du temps, immuables, qui existent avant et existeront après nous. Pour voir, quand on perpétue une histoire, comment on écrit la sienne en même temps. Quelle seconde peau on se choisit. Quelles gestes passés on décide d’embrasser. Avec la légion étrangère, avec la marine nationale, Charles Fréger pose l’uniforme dans le paysage. En extrait l’humain. Au-delà du portrait, il prend des attitudes. Des façons d’êtres. De se tenir droit, d’être soi quand tout autour est étranger. Les hommes de la troisième catégorie. Ceux qui ont décidé de faire corps avec la mer. Le vent. Les éléments. « Mon corps est fait de la même chair que le monde » écrivait Merleau Ponty. Ce soir, des hommes faits de la même chair que le monde. Et donc un studio forcément fenêtres ouvertes, au vent, à la mer, à la matière vivante. Des hommes dont les contours ne sont pas complètement découpés comme les nôtres. Et nous les regardons, je les vois, en studio, avec l’envie de continuer à croire. Au marin. A croire qu’en plus d’être vivant, ou d’être mort, on peut penser à la troisième façon, on peut penser qu’il existe des marins.

Le studio fait face au vent :

On commence par un vol de nuit : Gérard Clément, démonstration de cerf volant. Collectionneur de cerf-volant du monde entier.

Le Capitaine de vaisseau, Commandant de la Marine, et écrivain de marine : Loic Finaz.

Charles Fréger, photographe, pour son exposition de portraits autour de la légion étrangère et de la marine militaire (Musée d'Art de Toulon puisVilla Noailles, du 21 novembre 2013 au 12 janvier 2014 ). Charles Fréger photographie de façon presque obsessionnelle depuis 10 ans, des communautés et des uniformes.

LIVE, des sirènes pour les marins, les trois filles aux prénoms de garçons : THEODORE PAUL ET GABRIEL

Le cerf volant de Gérard Clément
Le cerf volant de Gérard Clément Crédits : Radio France
Loic Finaz
Loic Finaz Crédits : Radio France
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