LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Okja Movie (2017)

Festival du Film Américain de Deauville : où est passée la polémique Netflix?

5 min
À retrouver dans l'émission

Sortie en salle ou non, telle n'est plus la question.

Okja Movie (2017)
Okja Movie (2017) Crédits : Roger Ebert

Parfois les choses se crispent et puis soudain, ce qui était présenté il y a quelques mois comme un Rubicon infranchissable, se traverse allègrement…

Sur quatorze des films présentés en compétition au Festival du Film Américain de Deauville (qui s'ouvre aujourd'hui) deux sont distribués par des plateformes vidéos : "Sweet Virginia" de Jamie M. Dagg distribué en e-cinéma par l’américaine Netflix et "The Bachelors" de Kurt Voelker diffusé sur E.Cinema.com petite plateforme française de vidéo à la demande.

Et ce sans que l’une ou l’autre des plateformes ne se soit engagée à sortir le film en salle. Ce qui serait impossible à Cannes après "l’affaire" du dernier Festival.

"L'affaire" Netflix

Souvenez-vous, Netflix présentait deux films en compétition pour la Palme d’or : "Okja" du sud-coréen Bong Joon-ho et "The Meyerowitz Stories" de l’Américain Noah Baumbach. Mais sans garantir leur sortie dans les salles de cinéma…

Comment la Palme d’or ne pourrait-elle pas être vue au cinéma ? C’est la France de l’exception culturelle qui se dressait, et devant l'échec des négociations le festival annonçait une modification de son règlement pour 2018. "Dorénavant, tout film qui souhaitera concourir en compétition à Cannes devra préalablement s'engager à être distribué dans les salles françaises". Fin de l’affaire.

Si l’on prend le cas de "The Bachelors" l’un des deux films de la compétition à être distribué numériquement, on se rend compte que E.Cinema.com la plateforme qui le présente, a été notamment créée par Bruno Barde… Qui n’est autre que le directeur artistique de ce même Festival de Deauville.

Deauville artisan et partisan

Bruno Barde artisan et convaincu de cette "grande révolution de dématérialisation des films" comme il l’a décrite, a d’ailleurs déclaré "À Deauville, la loi artistique prime [...] et qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse".

Du moins pour l’instant… Car qu’est-ce qui fait qu’à Deauville la question ne s’est même pas posée ?

Une débat déjà tranché par la Mostra

Mais au fond, cette question de l’accès à la compétition pour des films de plateforme non distribués en salles, elle a été tranchée depuis longtemps par le plus vieux festival de cinéma au monde, la Mostra de Venise qui se déroule en ce moment.

Souvenez-vous, cette fois nous sommes en 2015 et à la Mostra était sélectionné pour la première fois un long métrage produit par Netflix "Beasts of No Nation" très belle fiction sur les enfants soldats de Cary Fukunaga. L’acteur Abraham Attah y avait même reçu le prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir… Le tout sans que le film ne soit projeté dans les cinémas italiens et sans remous particuliers.

"Antihistorique"

A lire les récentes interviews du directeur de la Mostra, Alberto Barbera, il apparaît clair que ce débat n’en est plus un… Pour lui, exclure un film produit par Amazon, Netflix ou autre serait une décision "antihistorique". Le mot est lâché : espèce d’antihistorique ! Pour lui "un festival sélectionne les films il n’est pas là pour décider de leur mode de diffusion".

Netflix qui a racheté les droits du dernier film inachevé d’Orson Wells pour en financer la version finalisée se positionne déjà : "si la nouvelle règle énoncée par le festival de Cannes est toujours en place en 2018, tant pis, on le montrera ailleurs !"

La guerre des boutons ou des tuyaux est déclarée ! Et probablement déjà gagnée…

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......