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"Parasite" de Bong Joon Ho

Pourquoi "Parasite" peut devenir la Palme la plus populaire depuis "Pulp Fiction" ?

3 min
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Il aura fallu attendre 25 ans et un film coréen de 2 heures et 11 minutes, pour qu’une Palme d’or remporte un succès aussi populaire.

"Parasite" de Bong Joon Ho
"Parasite" de Bong Joon Ho Crédits : The Jokers / Les Bookmakers

Il pulvérise Godzilla en Corée du Sud, il écrase le dernier X Men en France, depuis sa sortie le Parasite de Bong Joon-ho s’est taillé une part monstrueuse au box-office mondial. Il aura fallu attendre 25 ans et un film coréen de 2 heures et 11 minutes, pour qu’une Palme d’or remporte un succès aussi populaire. Parasite, sorti exclusivement en VO, fait un démarrage français historique qui dépasse à la fois les blockbusters et les entrées des "grosses Palmes" précédentes, comme Une affaire de famille, Moi Daniel Blake ou La Vie d’Adèle. Comment expliquer un tel phénomène ?

Parmi les raisons objectives de son succès, on peut déjà en citer deux. 

- Premièrement, le réalisateur Bong Joon-ho est déjà une star dans son pays. Son précédent long métrage The Host avait franchi la barre des 10 millions d’entrées au pays du matin (pas) si calme, et ce sera - au minimum - à nouveau le cas avec Parasite

- Deuxièmement le timing est parfait, le film vient de recevoir la Palme d’or au dernier festival de Cannes, il y a un effet d’attente.

Mais, avec Parasite, le réalisateur Bong Joon-ho, dont Tarantino est d’ailleurs l’un des plus grands fans, touche, sans doute quelque chose qui le dépasse. Cette Palme d’or est potentiellement capable de devenir aussi culte que Pulp Fiction, parce c’est la rencontre d’un film et d’une époque.

Cette famille pauvre qui vit en parasite, à l’image des cafards qui grouillent dans leur entresol, cette famille qui se greffe au wifi du restaurant voisin, comme elle se greffera au quotidien d’une riche famille, ne reflète pas seulement les tensions sociales de la Corée du Sud : elle incarne le darwinisme social planétaire dans lequel nous vivons. 

Si la figure politique du zombie a fait son retour cette année au festival de Cannes, claudiquant pour nous alerter sur les dérives d’une humanité cannibale au bord de l’apocalypse, ce n’était formellement pas assez pour secouer les esprits. Il fallait un film total qui parle à tous nos registres de fiction. 

Parasite rencontre l’époque parce qu’il s’est banché sur le réseau mondial de nos représentations. D’abord, en captant tous les genres : la comédie, le thriller, le film d’arnaque, la satire sociale, le polar « lutte des classes », le gore et j’en passe. Et puis, en se nourrissant dans un large réservoir mythologique.

Les pauvres sont ceux de Victor Hugo, tout comme les Affreux sales et méchants d’Ettore Scola. La bourgeoisie est chabrolienne, mais aussi ridicule comme chez Molière, flouée par la pédanterie rusée, égarée dans son globish et capables de répliques tout droit sortie du théâtre Yasmina Reza que ce soit Art ou Le Dieu du Carnage. Elle a même la frigidité hygiéniste d’une Bree Van de Kamp dans la série Desperate Housewives. Voilà pour ne citer quelques-unes des références savamment cannibalisées par Bong Joon-ho.

Pendant ce temps-là, les lignes de l’intrigue circulent d’un personnage à l’autre naturellement sur les smartphones, transposant à la perfection la façon dont ce récit parasite s’est installé dans nos vies…

Alors si aujourd’hui Parasite peut devenir un nouveau Pulp ficion, c’est parce qu’il est peut-être enfin ce film que le village global attendait.

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