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 Booba et Kaaris comparaissent jeudi devant la justice après la bagarre qui les avait opposés début août à Orly.

Booba-Kaaris : le rap a-t-il changé de statut médiatique ?

3 min
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Ce fut à n’en pas douter l'un des gros titres de l’été. La rixe entre les rappeurs Booba et Kaaris à l’aéroport d’Orly a suscité la retenue des médias spécialisés mais s’est imposée chez les généralistes comme un événement incontournable.

 Booba et Kaaris comparaissent jeudi devant la justice après la bagarre qui les avait opposés début août à Orly.
Booba et Kaaris comparaissent jeudi devant la justice après la bagarre qui les avait opposés début août à Orly. Crédits : OMINIQUE FAGET, LOÏC VENANCE - AFP

Alors qu’ils comparaissent au Tribunal de Créteil pour violences aggravées et risquent 10 ans de prison, on verra peut-être l’information suivie en live, avec une fébrilité digne d’un jour d’annonce de remaniement.

Sa puissance commerciale et l’audience qu’il mobilise n’y sont pas étrangères, le rap aujourd’hui quinquagénaire arrive à une sorte de maturité médiatique. Au-delà de cette actualité qui n’a rien d’artistique, c’est aussi la façon de l’aborder qui a changé. 

En témoigne cette une de M, le magazine du Monde, la semaine dernière qui affichait le rappeur bodybuildé Booba en noir et blanc, tête baissée et lettrage rose, avec cette citation « le rap est une cours de récréation, les clashs c’est aussi bête que ça ». Et l’exergue de l’entretien enfonce le clou « faut pas oublier que je suis un gamin qui s’amuse ».

Booba grand enfant, mais aussi père de famille et businessman, traversé de contradictions et de fêlures encore vives : une image complexe qui rompt avec le sensationnalisme facile et l’adjectif « sulfureux » qui lui collaient le plus souvent aux baskets. Sur Instagram B20 n’a pas manqué pour autant de tacler Le Monde, je le cite « un titre aguicheur, un peu facile », comme pour rappeler sa liberté de ton dans un jeu médiatique qui ne saurait l’apprivoiser.

Il en profite pour souligner que les clashs sont présents partout ailleurs dans la société, et qu’il y a aussi beaucoup d’aspects positifs dans je le cite encore « notre beau métier ». Le rap, une corporation comme les autres !

Les provocations entre les différentes enseignes ne sont que les rudiments de la profession. Certes la détention provisoire en plus, et un jugement qui pourrait faire manquer à Booba son concert d’octobre au Paris La Défense Arena dont il ne reste désormais que quelques centaines de places sur les 40 000 mises en vente.

La fonction marketing des clashs, leur historique, et leurs enjeux sont désormais parfaitement décryptés par la sphère médiatique grand public, qui joue elle aussi son rôle pour entretenir le frisson. 

Le rap entré dans l’âge d’homme médiatique a donc gagné de nouveaux partenaires pour faire résonner sa cours de récrée. Reste à ouvrir le spectre de l’analyse pour qu’il existe au même titre que les autres productions artistiques sans avoir besoin de caution littéraire, ni d’affaires judiciaires. 

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