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dans l'exposition Klimt à l'Atelier des Lumieres

L’exposition immersive de Klimt est-elle encore une exposition ?

2 min
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Divertissement culturel ou attraction artistique.

dans l'exposition Klimt à l'Atelier des Lumieres
dans l'exposition Klimt à l'Atelier des Lumieres Crédits : FRANCOIS GUILLOT - AFP

Telle est la question ou le débat que soulève cette exposition d’un nouveau genre ouverte à Paris dans une ancienne fonderie baptisée « L’Atelier des lumières ». 

La foule ne désemplit pas pour voir cette « attraction artistique », si bien qu’on se croirait à l’ouverture de Space Montain à Disneyland. 

Sauf qu’ici ce sont les oeuvres de Gustav Klimt et de deux autres artistes Viennois (Egon Schiele et Friedensreich Hundertwasser) qui vous tournent la tête du sol au plafond.

140 vidéoprojecteurs laser tapissent l’espace d’images, 1 500 m2 sur 10 mètres de haut se métamorphosent au son spatialisé de Beethoven, Strauss, ou Wagner. C’est selon le président de Culturespaces, la société de néo-son et lumière qui a développé le projet, « la plus grosse installation multimédia fixe au monde ».

Dans un jeu d’échelles dansant, ce sont tour à tour, les portraits, les détails, les ors, les couleurs et les fleurs qui, sortis de leur cadre, s’animent et se fondent sur un rythme implacable. En 30 minutes et plus de 3000 images projetées à chaque « séance », vous en avez plein la vue.

Et pour l’essayiste et romancière Cécile Guilbert qui signait un texte à charge cette semaine dans le journal La Croix, c’est bien cela le problème. Ces expositions immersives monumentales sont moins des expositions que des parcours, des dispositifs, où si l’on prend plein la vue, on cesse de regarder. Et donc de penser. L’art serait vidé de tout sens et de tout contenu. Le surgissement de l’œuvre par sa présence et son aura, disparaîtrait dans le tombeau de sa mise en scène évènementielle. 

Que se passe-t-il alors si les mots ne renvoient plus aux choses dans le bazar mondial d’activités que recouvre aujourd’hui le mot de « culture » ?

On pourrait avoir raison avec Cécile Guilbert. Rappeler en sus que, contrairement aux expositions classiques, la contextualisation, l’histoire des œuvres et des artistes, n’accompagne pas la mise en scène. Souligner qu’afin de toucher un public familial, les nus les plus provocateurs d’Egon Schiele ne figurent pas dans la sélection.

Mais l’objectif annoncé est de s’adresser en plus des 50% de la population que peuvent toucher les musées, aux 25% de gens qui n’y vont jamais. Freinés par la barrière de l’établissement culturel. On aurait donc avec ce format de diffusion numérique une sorte d’expérience collective d’art qui ne serait pas une exposition mais un divertissement culturel. Et alors ? Pourquoi pas ? A partir du moment où, pour ne pas ajouter aux malheurs du monde, comme dirait Camus, on nomme correctement les choses. L’enjeu reste qu’une forme ne se substitue pas à l’autre.

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