LE DIRECT
La série "L'amie prodigieuse"

Littérature et séries, une contamination prodigieuse ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Ni dérivé, ni prolongement, ni substitut, ces écritures sont en pleine hybridation.

La série "L'amie prodigieuse"
La série "L'amie prodigieuse" Crédits : Allôciné

La chose est désormais admise : la littérature n’en finit plus de se lire à l’écran.  14% des nouvelles fictions mises à l’antenne à travers le monde dans les neufs premiers mois de 2018 étaient des adaptations de livres, c’est 30% de plus que l’année précédente. Avec une accélération nette du côté des séries. Que ce soit pour les chaînes de télévision ou les plateformes de VOD type Netflix qui ont amplifié le phénomène dans ce sens. 

La tension qualitative entre l’œuvre littéraire et son produit dérivé à l’écran semble le plus souvent dépassée. Tant les projets se sont montrés tout à la fois ambitieux et fidèles dans leur prolongement. Le dernier en date : l’adaptation de la saga devenu best-seller mondial L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante, diffusé le jeudi sur Canal , le montre encore. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Sur une musique de Max Richter, la voix de l’œuvre intervient par bribes, le style se prolonge dans la photographie, le parcours des deux amies Elena et Lila ainsi que la fresque de l’Italie trouvent plus qu’un relais, un nouveau souffle dans la dramaturgie de la série. Le Corriere della Serra va même jusqu’à ce commentaire « Mystères des mystères, les séries sont plus belles que les livres dont elles sont adaptées ».

Plus belle ? La hiérarchie n’est peut-être pas là. Mais la version (réussie) de ces livres en séries agit comme un révélateur. L’implication de l’auteur.e n’y est d’ailleurs pas pour rien. Que ce soit Elena Ferrante sur L’Amie Prodigieuse ou Margaret Atwood sur La Servante écarlate dont la suite s’écrit avec elle pour les écrans. 

De même pour Game of Thrones, dont la 8ème et dernière saison sera diffusée en avril. Depuis la saison 6, la série n’adapte plus les 5 premiers tomes de la saga de George R.R Martin, elle suit un scénario original tissé en consultation avec l’écrivain. 

En additionnant choux et carottes, on pourrait s’inquiéter parallèlement de la baisse des ventes de livres, -5% à un an d’intervalle pour tous les rayons, au troisième trimestre 2018. Sauf que la série relance en général la lecture de l’œuvre. 

Mais de fait cette forte présence littéraire à l’écran étanche pour partie la soif de ces narrations livresques. Et en même temps, nombre de ces narrations sont elles-mêmes irriguées par le visionnage de séries ! 

Ainsi Vernon Subutex de Virginie Despentes, dont les premiers épisodes adaptés à l’écran seront diffusés en février 2019, est une saga littéraire ouvertement sous influence des séries télé. Les quatres tomes des Sauvages du romancier Sabri Louatah, qui les transposera bientôt sur Canal ,  sont quant à eux inspirés dans leur première forme littéraire par la série qui a changé les séries, Les Sopranos

Enfin, l’auteur italien Niccolo Ammaniti va passer d’une forme à l’autre, du récit littéraire au récit sériel, si sa vision première le lui commande. Ce sera une série pour Il Miracolo qui débarque sur Arte en janvier. Au vrai, ni dérivé, ni prolongement, ni substitut, ces écritures sont en pleine hybridation. 

Chroniques

8H50
3 min

La Conclusion

Edouard Louis est possédé par son destin
L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......