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Spotify entre en bourse

Les plateformes de streaming : nouvelles maisons de disque?

2 min
À retrouver dans l'émission

Spotify qui signe directement les artistes, un auteur auto-édité par Amazon dans liste du Renaudot : les signaux d’une révolution de l’édition.

Spotify entre en bourse
Spotify entre en bourse Crédits : Spencer Platt - Getty

Après la controverse suscitée par la sélection d’un livre auto-édité chez Amazon, dans la première liste du Prix Renaudot, une autre bataille s’est engagée cette fois sur le terrain de la musique. Elle se joue entre les majors et la plateforme de streaming Spotify. Celle-ci ne cache plus son intention de diffuser certains artistes sans passer par la case maison de disque. Une révolution des intermédiaires est en cours.

Concrètement Spotify approche de nouveaux talents ou des musiciens qui ont récupéré leur droits avec une enveloppe (des dizaines voire des centaines de milliers de dollars) et leur propose d’être distribué directement sur leur plateforme. 

D’un côté Spotify se passe de la commission des maisons de disques, de l’autre l’artiste négocie directement sa diffusion qui a l’avantage d’être non exclusive puisque contrairement aux contrats des éditeurs de musique, rien n’empêche de signer avec une autre plateforme. 

En plus la diffusion s’accompagne d’une mise en valeur dans les playlists ou les suggestions qui peuvent aider les artistes à se faire connaître ou à élargir leur public. Les plateformes de streaming étant en effet devenus de puissants curateurs. 

Mais est-ce à dire que Spotify et consorts peuvent supprimer l’échelon maison de disque ? Pour l’instant non, la plateforme se défend de vouloir devenir un label et ne cherche pas à acquérir les droits de la musique. Enfin c’est aussi et surtout qu’elle ne peut pas se fâcher avec les majors Universal, Sony, et Warner qui contrôlent 80% du marché et pourraient retirer leur catalogue. Avec une offre maigrichonne pourquoi aller sur Spotify ?

Voilà l’état présent du rapport du force. Mais qui dit que toutes les signatures suivraient un tel boycott, et ne claqueraient pas la porte de leur label ?

S’occupant de la diffusion sans acquérir les droits de la musique, les plateformes laissent aussi les artistes propriétaire de leur création et de libre leur mode d’édition. Il pourrait se dessiner alors un flot musical au coup par coup, hybride, et sur mesure. Accompagné par l’engagement des fans et des sources de financement multiples. Bref une révolution de la chaîne toute entière.

Bien sûr on peut agiter le spectre dévorant de ces GAFA ou autres géants du net qu’on laisse entrer dans la bergerie. Dans le secteur du livre, une partie des libraires français, soutenus par le Syndicat de la librairie française (SLF) s’insurgent contre ce candidat au Renaudot auto-édité chez Amazon, le grand méchant qui les tuent. Et bien sûr qui voudrait signer l’arrêt de mort des librairies ? Mais ce livre refusé par les éditeurs a bien le droit d’exister. Peut-être faut-il faciliter la possibilité de son achat là où Amazon verrouille la diffusion et oblige les libraires à commander en particulier sur son site?

De la musique au livre, en passant par le cinéma reste ce constat : l’autoproduction progresse. Arque-boutés  sur une digue contre ce monde qui vient, on en oublierait presque de profiter de ce qu’il laisse laisser émerger. A savoir un rééquilibrage des rapports entre intermédiaires et créateurs.

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