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Capture d'écran de la vidéo Youtube CopyComic

Les humoristes français sont-ils les yéyés de la vanne?

3 min
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La polémique autour de la chaîne YouTube « CopyComic » soulève la question du plagiat humoristique mais aussi celle des nouveaux contour du droit d’auteur.

Capture d'écran de la vidéo Youtube CopyComic
Capture d'écran de la vidéo Youtube CopyComic

Cela fait quelques mois qu’une chaîne Youtube du nom de « CopyComic » épingle les similitudes entre les sketchs de comiques français et ceux de leurs confrères, notamment américains. S’interrogeant sur d’éventuel cas de plagiat.

Par exemple une légende du stand-up outre atlantique, Jerry Seinfeld, qui explique qu’on ne comprend rien aux gestes des hôtesses de l’air lorsqu’elles désignent vaguement de leur bras les issues de secours. La même trame humoristique peu ou prou se retrouve chez Gad Elmaleh.

Ou encore une autre légende comique américaine, Dave Chapelle, qui raconte comment en cas de cambriolage, vu qu’il est noir, il aura quelques problèmes à se faire comprendre à la police que ce n’est pas lui le voleur. Cette fois c’est dans un sketch de Jamel Debbouze qu’on retrouve l’idée développée avec beaucoup de ressorts communs et parfois mot pour mot.

Et après tout pourquoi n’y aurait-il pas une nouvelle vague yéyés en France, qui se jouerait sur le terrain humoristique, en s’appropriant des standards étrangers ? A la différence qu’ « Il y a des choses » de Françoise Hardy adaptant un titre d’Adriano Celentano stipule bien qui est l’auteur de la mélodie (en l’occurrence Eduardo Vianello). Les « reprises » comiques, en revanche, sont pointées du doigt car elles ne créditent pas leurs sources.

Au-delà du succès de ces montages vidéos en ligne et de leur retentissement médiatique, l’affaire a pris un autre tour depuis que les avocats de Gad Elmaleh ont réclamé (au nom de K2S Productions) que deux de ces vidéos CopyComic soient retirées pour «atteinte aux droits voisins ». Les montages vidéos vus près d’1,9 millions de fois ont également été qualifiés de « contrefaçons » au nom de la propriété intellectuelle.

Renversement pour le moins étonnant où des vidéos qui montrent l’inspiration très prononcée du comique français se retrouvent à leur tour attaquées faute d’accord de reproduction.

C’est, à mon humble avis, peu judicieux de la part de Gad Elmaleh de réclamer la suppression de ces contenus ainsi que les tweets qui les mentionnent. Mais la question plus large qui est soulevée concerne les nouvelles batailles du droit d’auteur. 

Le code de la propriété intellectuelle permet de reproduire certains passage d’une oeuvre si la source est suffisamment identifiée et si les citations sont justifiées « par  le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'oeuvre à laquelle elles sont incorporées ». Dans le cas présent, les requêtes de Gad Elmaleh auraient donc de forte chance d’être rejetées. 

Mais l’article 13 de la future directive européenne sur le droit d’auteur prévoit d’encadrer davantage les plateformes qui devront demander des autorisations préalables. Avec la polémique « CopyComic » c’est un enjeu plus complexe qui refait surface : l’équilibre entre maintient de la créativité en ligne (y compris parodique) et contrôle des diffuseurs numériques.

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