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M6 diffuse "Leaving Neverland", documentaire choc dans lequel deux quadras accusent Michael Jackson d'abus sexuels lorsqu'ils étaient enfants.

Michael Jackson et les soupçons de pédophilie : entre censure et déni

3 min
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Après l’onde de choc engendrée par « Leaving Neverland » règnent, dans le déni des fans comme dans la censure des diffuseurs, un refus du réel dont personne ne sort grandi.

M6 diffuse "Leaving Neverland", documentaire choc dans lequel deux quadras accusent Michael Jackson d'abus sexuels lorsqu'ils étaient enfants.
M6 diffuse "Leaving Neverland", documentaire choc dans lequel deux quadras accusent Michael Jackson d'abus sexuels lorsqu'ils étaient enfants. Crédits : Kevork Djansezian-Pool - Getty

Diffusée il y a deux semaines aux États-Unis, le documentaire de la chaîne américaine HBO arrive sur nos écrans sous le titre « Michael Jackson : la parole des victimes». C’est la chaîne M6 qui propose ce soir cette version en français, et disons-le tout de suite le documentaire de deux fois 90 minutes du journaliste britannique Dan Reed accumule preuves et détails aussi crus qu’accablants.

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Les révélations de Wade Robson et James Safechuck sur la routine sexuelle que leur faisait subir le King of Pop lorsqu’ils avaient entre 7 et 14 ans pour l’un, et autour de 10 ans pour l’autre, donneront lieu à un nouveau procès cette année,10 ans après la mort de Michael Jackson. Les deux garçons ont longtemps témoigné en sa faveur avant d’engager des poursuites contre lui, mais la plainte avait été rejetée en 2013.

« Time’s up » ! pourrait-on dire dans la langue d'Oprah Winfrey qui les a tout deux reçu dans son talk show. Si un doute subsistait lorsque Michael Jackson a été acquitté en 2005, le journaliste Dan Reed a pu enquêter et obtenir ces témoignages dans le sillage de l’affaire Weinstein, comme le rappelle la mère d’un des deux garçons, c’était « le bon moment » pour parler. Le moment de briser ce pacte avec l’adulte et la star qui leur avaient demandé de garder le secret. 

Langage entre le déni et la censure

Avant que la justice ne se prononce à nouveau, les conséquences de cette parole libérée oscillent entre le déni et la censure. D’un côté des fans qui s’indignent, protestent auprès du CSA, et assignent en justice les deux témoins du documentaire. De l’autre des radios, des chaînes de télévision ou des artistes qui effacent Michael Jackson de leur catalogue.

Michael Jacskon icône planétaire sanctifiée par ses fans les rend aveugles et sourds à ces révélations dont ils semblent vouloir tout simplement nier l’existence. Réflexes d’adorateurs, et réflexes infantiles. « Si, pour être diverti, il nous faut mettre de côté tout scepticisme, toute logique, et potentiellement un certain sens de la morale, alors quel beau tour de magie nous a fait Michael Jackson » écrit un journaliste dans le New York Times. L’enchantement est rompu, est-ce donc cela qui est insupportable ?

Jusqu’où peut-on escamoter l'histoire de la pop culture ?

Et si cette affaire modifie notre rapport à l’homme faut-il pour autant en censurer l’œuvre ? Le rappeur Drake peut-bien supprimer de la liste de ses concerts une chanson qui emprunte la voix de Michael Jackson c’est son choix personnel. Mais lorsque des radio néo-zélandaises et canadiennes le censurent de leurs programmes, ou que la Fox décide d’expurger définitivement le premier épisode de la troisième saison des Simpsons au motif qu'il met en scène un faux Michael Jackson doublé par le chanteur lui même : le choix se fait cette fois à la place du public. 

C’est un signal compréhensible contre l’impunité, mais pourquoi rayer une œuvre patrimoniale rendue dérangeante par son auteur ? Le producteur des Simpsons répond « c’est notre livre à nous et c’est notre droit d’en supprimer un chapitre ». Mais jusqu’où alors peut-on escamoter l'histoire de la pop culture (car cet épisode des Simpsons en fait aussi partie)? 

Dans le déni des fans comme dans la censure des diffuseurs se loge un refus infantilisant du réel, dont personne ne sort grandi.

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