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La reine Margrethe II du Danemark à Berlin, devant le buste de Nefertiti

Restitution des biens, l'Histoire s'accélère?

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Lorsque l’on prend le sens de l’Histoire en route, force est de constater qu’il bugue. Aujourd’hui plus de 90% des pièces majeures de l’Afrique subsaharienne se trouveraient, selon les experts, hors du continent.

La reine Margrethe II du Danemark à Berlin, devant le buste de Nefertiti
La reine Margrethe II du Danemark à Berlin, devant le buste de Nefertiti Crédits : picture alliance - Getty

L'Afrique n’est pas la seule touchée par cette dépossession patrimoniale, même si elle l’est principalement. Prenez le cas de la Grèce qui attend toujours que la Grande-Bretagne lui rende ses frises du Parthénon…

Depuis des décennies différents pays réclament en vain le retour des œuvres qu’on leur aura dérobé, mais soudain il semblerait que la grande horloge se débloque. 

En novembre 2017 au Burkina Faso le président français Emmanuel Macron annonçait déjà qu’il souhaitait  d’ici 5 ans que "les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique". C’est maintenant au tour de plusieurs musées européens de s’engager dans ce processus de restitution.

Lors d’une expédition « punitive » en 1897 dans la capitale de l’ancien royaume du Bénin, l’actuelle Benin City au Nigeria, des milliers d’œuvres de bronze et d’ivoire ont été pillées par les troupes coloniales. Pour la première fois des institutions principalement britanniques et allemandes qui détenaient ces œuvres consentent à les prêter pour une durée de trois ans.

Trois ans de prêt après un siècle de rapt, ce n’est pas tout à fait équilibré me direz-vous. Assorti qui plus est d’un engagement de restitution, et de conditions de conservation. Prêter un bien à celui à qui vous l’avez volé en le priant au passage de ne pas oublier de vous le rendre et de ne pas l’abîmer, cela paraît pour le moins étrange voire culotté ou tout simplement inique. Du reste après des décennies de fin de non recevoir, la situation progresse. 

En Allemagne où la question est plus prégnante après le travail de restitution des biens spoliés par les nazis, un grand programme d’identification des oeuvres dites "coloniales" est en cours. En France le rapport de la mission de restitution sera connu fin novembre. Aux Etats-Unis, les musées qui possèdent eux aussi des chefs-d’œuvres hérités des saisies coloniales arrivent enfin à la table des négociations. Enfin d’autres prêts longue durée prennent forme par exemple entre l’Ethiopie et le Victoria & Albert Museum de Londres.

Mais pourquoi prêter plutôt que rendre ? De nombreux obstacles juridiques demeurent, et les experts européens ont longtemps fait valoir que les capacités muséales des pays originels des œuvres n’étaient pas suffisantes.

Enfin comme le rappelait le conservateur du musée de Dakar : beaucoup de choses restent à faire sur le plan technique comme celui de la formation du personnel, mais il y a désormais en Afrique de grandes institutions.

Si l’Histoire retrouve son bon sens, en attendant la finalisation de ces restitutions, il faudra que ces œuvres ne soient plus présentées dans les pays qui les ont « emportées » (appréciez l’euphémisme) sans explications sur leur véritable provenance.

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