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La célébration fut de courte durée pour le rappeur Kollegah (à gauche dans la photo)

Suppression des ECHOs en Allemagne un double signal?

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Après des jours de polémique suite au prix accordé à des rappeurs aux textes jugés antisémites, les victoires de la musique allemande capitulent.

La célébration fut de courte durée pour le rappeur Kollegah (à gauche dans la photo)
La célébration fut de courte durée pour le rappeur Kollegah (à gauche dans la photo) Crédits : JENS KALAENE / dpa-Zentralbild / DPA - AFP

Enterrer ce Prix, se débarrasser de ce nom devenu indigne de la musique, c’est la décision qu’a finalement prise la Fédération de l'industrie musicale allemande, organisatrice des ECHOS, équivalents jusqu’ici de nos Victoires de la musique.

 Geste fort après plusieurs jours de polémique suite au prix attribué au duo de rappeurs Kollegah et Farid Bang pour leur dernier album, « jeune, brutal, beau gosse 3 » aux textes jugés antisémites mais aussi misogynes et homophobes. 

Incluant des comparaisons types « mon corps plus dessiné que ceux des prisonniers d’Auschwitz », et une chanson appelant à « commettre à nouveau un Holocauste ».   

Classé dans le top cinq allemands, écoulé à 200 000 exemplaires, sans problème, l’album s’était retrouvé mécaniquement récompensé d’un ECHO du Hip-Hop dans un système de prix basé sur le nombre de ventes. 

Mais comme l’a déclaré Christian Thielemann, directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, un des plus vieux orchestres du monde, « un prix qui met les ventes au-dessus de tout, et qui se moque des victimes du Troisième Reich lors d’un concert en direct qui se déroule le même jour que la Journée de l’Holocauste, est le symbole d’une forme de cynisme que nous ne pouvons accepter ».   

Une vague de protestations a mené les grands musiciens et musiciennes récompensés d’un ECHO à rendre leur prix les uns après les autres. 

Comme le pianiste et chef d’orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim, directeur musical d'un des deux grands opéras de Berlin, et mondialement connu pour son engagement en faveur de la paix israélo-arabe. 

"L’antisémitisme, la misogynie, l’homophobie et le mépris ouvert des minorités sont un abus de la liberté que nous, en tant que société, ne pouvons jamais tolérer. Nous ne devons pas encourager de telles voix en leur donnant des prix qui les légitimes"  a-t-il déclaré. 

Le violoniste français Renaud Capuçon récipiendaire de nombreux ECHOs l’a suivi annonçant sur Twitter qu’il rendait également ses prix en signe de protestations. 

Les ECHOs avant d’être définitivement supprimés avaient donc perdu tout leur sens, comme l’a reconnu la Fédération de l'industrie musicale, « la marque ECHO a été endommagée à un tel point qu'un nouveau départ total est nécessaire ». 

Il aura fallu un peu de temps néanmoins. La suspension in fine du contrat des deux rappeurs par leur maison de disques BMG, des démissions, des protestations du monde de la musique classique majoritairement plus que de celui de la variété, des éditos et des prises de positions du monde médiatique et politique. 

Après l’annonce d’abord faite d’un audit et d’un renouvellement du mode d’attribution des prix, la réaction d’ajustement s’est mué en suspension définitive. Le prix tel quel ne pouvait plus exister. 

Les rappeurs se sont défendu de tout antisémitisme, mais qu’importe, quelque chose ne passe plus. Et cette décision est le signe d’un double moment. 

La résurgence de l’antisémitisme en Allemagne crainte par de nombreux observateurs, à commencer par Angela Merkel, et la fin de l’acceptation d’une forme plus ou moins molle mais répandue de propos antisémites qui insidieusement avaient fait leur retour dans ce pays hanté par les crimes nazis et le « plus jamais ça ».

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