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Image prise pendant le défilé de la Fashion Week à Paris, le 25 février 2019

Semaine de la mode « apocalypse now »

3 min
À retrouver dans l'émission

Comment la mode la deuxième industrie la plus polluante au monde pourrait-elle devenir l’allié du combat écologique et de la lutte contre changement climatique ?

Image prise pendant le défilé de la Fashion Week à Paris, le 25 février 2019
Image prise pendant le défilé de la Fashion Week à Paris, le 25 février 2019 Crédits : Christophe ARCHAMBAULT / AFP - AFP

La question est aussi paradoxale que transversale alors que se déroule la dernière semaine des défilés automne-hiver 2019-2020 à Paris.

Lors de la « fashion week » londonienne le groupe d’activistes « Extinction Rebellion » qui défend donc la vie face à l’horizon apocalyptique vers lequel nous accélérons, s’est invité en marge des podiums. En multipliant les actions directes non-violentes et symboliques, il s’agissait pour les militants d’imposer l’écologie au premier rang.

A voir les chiffres du secteur, la mode se doit en effet d’être en vert, en vert et contre tout. La consommation de vêtements a doublé au cours des 15 dernières années, alors que leur utilisation, le nombre de fois où ils sont portés, a diminué de 36%. Le secteur textile consomme l’équivalent de 32 millions de piscines olympiques d’eau chaque année pour assurer sa production. Et selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), la mode qui représente 2 % des émissions globales de gaz à effet de serre et pourrait même cumuler, en 2050, 26 % des émissions.

La situation est grave mais pas désespérée. Des initiatives se multiplient au sein des différents groupes pour développer le recyclage et réduire la consommation d’eau. En décembre 43 enseignes, dont Stella McCartney, Burberry et H&M, signaient une charte de l’Organisation des Nations Unies focalisée sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et sur le développement durable à travers 16 engagements. 

En France, la loi contre le gaspillage vestimentaire qui interdit de jeter ou de brûler les vêtements invendus sera votée courant 2019.

Mais au-delà des mesures, ce sont les mentalités qui doivent bouger. Les activistes d’Extinction Rebellionne positionnent pas anti-mode, au contraire ils prennent acte que la mode est un champ culturel d’influence majeure, à la fois moteur de tendances et source significative de dévastations écologiques. 

C’est ce paradoxe qu’il faut utiliser comme un levier. A ce titre, l’opposition entre gentils défilés de mode éthique et durable, et grands méchants show fastueux cultivant l’obsolescence identitaire est en train de tomber.

Par exemple avec Marine Serre, jeune corrézienne lauréate du Prix LVMH et couronnée au Festival d'Hyères en 2017. Pour son défilé présenté au deuxième jour de cette semaine parisienne de la mode, les invités étaient accueillis dans les crayères d’Issy-les-Moulineaux par ce texte : « L’Apocalypse a frappé. Les crises écologiques et les guerres climatiques sont en train de détruire les derniers vestiges de la civilisation telle qu’on la connaissait. Cependant, un petit nombre de survivants a trouvé refuge dans les abris et caves en sous-sol. [...] Là, quelque chose se prépare, fermente, irradie ».

Baptisée « Radiation » la collection recycle les couvertures en ponchos masculins, assemble de vieux foulards, surpique une longue robe SM de coquillages, de clés ou de pièces de monnaie, invente même la canadienne en gilet jaune ! Futurisme, récupération et hybridation sont au service d’une mode de pointe à la fois désirable et systématiquement durable. Une nouvelle approche se hisse en haut de la pyramide des prescripteurs, elle pourrait irradier positivement sur tout le secteur. 

Chroniques

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