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Akihabara, quartier populaire de Tokyo avec de nombreux magasins de mangas

Les Mangas architectes de Tokyo

3 min
À retrouver dans l'émission

Mieux que les expositions supérettes, « Tokyo Manga » redonne leur âme aux Mangas.

Akihabara, quartier populaire de Tokyo avec de nombreux magasins de mangas
Akihabara, quartier populaire de Tokyo avec de nombreux magasins de mangas Crédits : Nigel Killeen - Getty

Ce qu’il y d’ennuyeux avec les expressions toutes faites c’est qu’il leur arrive régulièrement de dire vrai. Ainsi je rechignerais volontiers à vous parler de la France comme de « l’autre pays du Manga ». Pourtant c’est exact, la France après le Japon est le deuxième consommateur mondial de Manga. C’est donc ici à Paris, à la Villette, qu’est exportée pour la première fois l’exposition « Tokyo Manga » développée par le Nact, le New Art Center de Tokyo.

On pourra également y vérifier la fameuse expression employée à l’envie au sujet du Japon « entre tradition et modernité », et y ajouter un corollaire qui semble tout aussi figé « entre réalité et fiction ».

Mais aussi usées soient-elles, à regarder les liens qui unissent la ville de Tokyo aux mangas, ces expressions se gorgent à nouveau de significations.

Si la ville est peuplée de vaillants héros, de nymphettes dénudées, de monstres ravageurs et de petits personnages colorés, si des quartiers entiers leur sont dédiés, ils n’incarnent pas seulement le territoire de fiction qui se superpose à la carte, ils en sont les architectes. Exemple : Godzilla.

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En 1954, le monstre Godzilla agit comme une catharsis pour un pays atomisé par les bombes de Nagasaki et Hiroshima, et une ville bombardée par l’aviation américaine. Godzilla, divinité destructrice, vient exorciser les peurs d’une cité perpétuellement menacée par les catastrophes. Et ce déjà depuis les grands incendies de l’ère Edo, et le terrible tremblement de terre de 1923. 

Godzilla symbolise à la fois la destruction et la reconstruction incessante de Tokyo, qui se rebâtit par dessus ses décombres. Quant à Akira qui va pleinement propulser le Manga en France et dans le monde, dans sa forme dessinée en 1984 puis animée en 1988, c’est l’image même de ce va et vient architectural. 

Le chef-d’œuvre de Katsuhiro Otomo situe l’intrigue en 2019 dans un « néo Tokyo » post apocalyptique après qu’une explosion nucléaire a anéanti la capitale. Ce sont les pouvoirs surhumains d’un enfant livré aux expériences scientifiques qui ont provoqué le désastre, et sa renaissance s’apprête à reproduire les même ravages. 

La mégalopole futuriste toujours imbriquée dans les fantômes de ses décombres utilise les mangas comme fantasme de ses possibles tout comme avertissement de ses limites.

Du reste ils jouent également le rôle de cadastres et d’archivistes de la vie quotidienne, planches après planches. Car les mangas, depuis toujours et même depuis les estampes, documentent la vie des petites échoppes, ou les déambulations dans les rues. Depuis la crise des années 1990 encore d’avantage.

En ce sens, les mangas sont tout autant une projection fictive qu’un patrimoine du réel. Un emblème de la modernité et un garant de la tradition.

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