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Enfant dans un musée de peinture

Pass culture, les révolutions annoncées finissent mal ?

3 min
À retrouver dans l'émission

L’élargissement de la phase de test à 13 000 jeunes sur 5 départements permettra-t-elle d’en finir avec l’image de casse-tête mort-né qui colle à la soit disant « révolution » de la rue de Valois ?

Enfant dans un musée de peinture
Enfant dans un musée de peinture Crédits : UygarGeographic - Getty

« Révolution » : le mot vient de l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen pour qualifier cette offre culturelle à la fois géo-localisée, éditorialisée, et créditée de 500 euros pour les jeunes de 18 ans. Le  fameux « Pass culture » est entré ce vendredi en phase de test dans 5 départements (Seine-Saint-Denis, Bas-Rhin, Hérault, Finistère, Guyane). Vu les difficultés rencontrées, ne serait-ce que pour atteindre cette version beta de l’application, la « révolution » annoncée du Pass Culture a longtemps fait grincer et glousser à la fois. Parler de « casse tête mort né » semblait alors plus adéquate. 

Voilà que sous l’égide du nouveau ministre de la Culture, Franck Riester, la promesse électorale du candidat Macron prend forme pile à temps pour les 60 ans de la création du ministère des Affaires culturelles.

Se plaçant dans la lignée historique du Général de Gaulle et d’André Malraux, Franck Riester tweetait ainsi hier « 60 ans que nous nous battons, inlassablement, pour faire de la culture un droit pour tous. Nous continuerons ». Dans sa promesse le « Pass Culture » se veut l’un des symboles de la perpétuation de ce combat. Mais y parvient-il ?

Le prototype du Pass prend déjà à un certain nombre d’arbitrages restés en suspend. Par exemple les GAFA (Apple, Netflix et Amazon) n’y seront pas éligibles. Ce qui répond à la crainte d’une offre qui n’encouragerait en rien la diversité des pratiques culturelles des jeunes et permettrait à ces géants de la culture en ligne de se goinfrer sur le dos du contribuable. 

En revanche si « révolution » il y a, elle s’est d’abord manifestée ce week-end à travers la question du jeu vidéo. Comme annoncé, le jeu vidéo, dont le ministre a rappelé qu’il était un art, figure dans l’offre culturelle du Pass. A l’instar d’autres biens culturels (livres, disques, DVD, instruments de musique) l’achat de jeux vidéos est accessible sur l’application, mais pour ces biens comme pour les achats en lignes (abonnement à Deezer ou Canalplay par exemple) un plafond de 200 euros a été fixé. De manière à ne pas voir englouti le budget du Pass culture dans une consommation culturelle déjà bien ancrée, et favoriser d’autres activités (théâtre, concerts, musées  etc.) ainsi que les pratiques artistiques, qui elles ne sont pas plafonnées.

Il n’en fallait pas plus pour voir se lever la rumeur d’un Pass qui fait payer au contribuable des parties de GTA ! Ce jeu vidéo « de bandits » qui allait encore dévoyer la jeunesse sur nos propres deniers. Alerte Infox ! 

D’une part ce jeu « GTA », comme le jeu « FIFA », émane de studios américains, or seuls les jeux vidéos créés par des studios français ou européens, répondant aux mêmes critères que les titres pouvant obtenir le crédit d'impôt jeu vidéo seront accessibles. D’autre part c’est l’éditeur qui finance l’activation de la clef gratuite par « le jeune », et pas le Pass, donc pas le contribuable. La première révolution du Pass Culture réside donc peut-être dans cette légitimation du jeu vidéo. 

La deuxième et la plus profonde, est celle d’une politique culturelle qui n’est plus seulement basée sur la subvention de l’offre, celle des institutions et du réseau de médiation, mais aussi sur la demande. Reste à savoir comment ces deux orientations vont se compléter sans se concurrencer sur le plan budgétaire. Si tant est que le Pass (dont le lancement définitif est repoussé à 2021) trouve des solutions de financement au-delà des 100 millions annuels prévus par l’Etat.

Enfin troisième révolution « annoncée » : le tout s’est développé à travers un dispositif de « start-up d’Etat » c’est à dire une structure agile qui répond à un problème précis au sein d’un ministère, et pratique la politique d’essai/erreur venue des entreprises du numérique. Cette phase test du Pass Culture, est donc aussi le test d’une nouvelle gouvernance. Pour le meilleur et pour le pire.

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