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Le camps de réfugiés de Benako, en Tanzanie, 1994. Photographie de Sebastiao Salgado exposée au Musée de l'Homme.

Déclaration universelle des droits de l’Homme, un horizon perdu ?

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Comment les institutions culturelles peuvent-elles non seulement célébrer mais aussi s’engager pour le 70ème anniversaire de la déclaration universelle des Droits de l’homme ?

Le camps de réfugiés de Benako, en Tanzanie, 1994. Photographie de Sebastiao Salgado exposée au Musée de l'Homme.
Le camps de réfugiés de Benako, en Tanzanie, 1994. Photographie de Sebastiao Salgado exposée au Musée de l'Homme. Crédits : Sebastiao Salgado

Le 10 décembre 1948, René Cassin, prix Nobel de la paix et rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, présentait à l'ONU ce texte signé au Palais de Chaillot, le musée de l’Homme avait alors été fermé plusieurs mois pour accueillir aussi dans ses murs la troisième Assemblée Générale des Nations-Unies. 

70 ans plus tard lors du Forum sur la Paix de Paris, à la Grande Halle de la Villette, le 11 novembre dernier, Angela Merkel formulait le doute suivant : «Serions-nous aujourd’hui capables, en tant qu’Assemblée des Nations, d’approuver comme en 1948 la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ? Je n’en suis pas si sûre… » 

A l’heure des célébrations de ce 70ème anniversaire, c’est la photographie d’un décalage entre les différents articles de ce texte et la situation mondiale qui s’impose. Avec la programmation « Tous humains » au Théâtre national de la Danse de la Chaillot et la saison « En Droits ! » au Musée de l’Homme, une réflexion commune des savoirs et de la culture s’est engagée pour ouvrir le débat. Ni constat d’échec ni célébration aveugle, l’ambition est de susciter l’interrogation. Se questionner sur ce que nous avons perdu de cet « horizon moral de notre temps » comme le définissait Robert Badinter, il y a 20 ans, et mesurer l’étendue de ce qu’il reste à accomplir pour faire vivre cette déclaration en actes. 

L’exposition du photographe brésilien Sebastiao Salgado au Musée de l’Homme, illustre parfaitement ces enjeux. On y retrouve des articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme confrontés à ses photographies dans une vingtaine de pays. L’objectif n’est pas une dénonciation monolithique de ces droits bafoués mais une mise en tension de leurs promesses avec l’état du monde. « Tout individu a droit à la vie, à la liberté, et à la sûreté de sa personne. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » tranche avec l’expulsion de 308 résidents du foyer Sonacotra pour immigrés en 1979 en France à Garges-lès-Gonesse, et le regard de ce jeune garçon qui nous prend à témoin. Mais ce cours donné sous un arbre au Kenya à des jeunes menacés d’être enrôlés comme soldats, fait rayonner à son tour l’article qui garantit à tous le droit à une éducation gratuite. 

Au-delà de l’exposition de Sebastiao Salgado, au sein du Musée de l’Homme, ce sont d’autres articles de la déclaration universelle, confrontés avec d’autres œuvres, qui ne cessent de provoquer l’étonnement. Tant ils ont en eux, sur le travail ou l’accès aux progrès scientifiques, mais aussi aux bienfaits de la vie culturelle, des clefs salvatrices qui semblent avoir été partiellement égarées. 

Faire des ces anciens musées dits de civilisation ou d’ethnographie des musées pour penser l’humanité et mettre en débat les enjeux actuels, c’est redéfinir leur engagement. Comme le manifeste Migrations du Muséum national d’Histoire naturelle qui a défendu, travaux scientifiques à l’appui, l’inéluctable migration et l’hospitalité comme caractéristique majeure qui distingue l’humain des autres êtres vivants. 

Le curseur des ces institutions se déplace d’une programmation qui parle pour elle-même à une volonté d’action. 

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