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L'exposition "Christian Dior, Couturier du Rêve" au Musée des Arts décoratifs, à Paris (du 5 juillet 2017 au 7 janvier 2018)

Comment les grands couturiers ont rejoint les icônes de la peinture

3 min
À retrouver dans l'émission

Un an après son ouverture, le Musée Yves Saint Laurent à Paris illustre parfaitement cette évolution du regard sur la mode.

L'exposition "Christian Dior, Couturier du Rêve" au Musée des Arts décoratifs, à Paris (du 5 juillet 2017 au 7 janvier 2018)
L'exposition "Christian Dior, Couturier du Rêve" au Musée des Arts décoratifs, à Paris (du 5 juillet 2017 au 7 janvier 2018) Crédits : CAROLINE BLUMBERG - Maxppp

Dans la vie culturelle, les expositions des grands couturiers constituent des événements qui placent désormais la mode dans la noble lignée de l’Histoire de l’Art.

En témoigne l’année dernière l’incroyable succès de la rétrospective « Christian Dior, couturier du rêve » au Musée des arts décoratifs à Paris, qui a dû élargir ses horaires d’ouverture pour faire face à l’affluence. Plus de 700 000 visiteurs c’est équivalent, et même légèrement supérieur, au succès de l’exposition Basquiat/Schiele qui fermait ses portes en ce début 2019 à la Fondation Louis Vuitton.

Un travail patient, éclairé et précieux notamment au musée Galliera à Paris, aura bien sûr installé, au fil des ans, la mode comme un art à part entière. Mais l’arrivée de nouveaux curateurs et trices, ainsi que de nouvelles institutions, permettent aujourd’hui d’établir, avec toujours plus de finesse, ce continuum entre grands couturiers et grands maîtres. Comme le pressentait dès 1931 le peintre Hollandais Piet Mondrian : « Non seulement la mode est le fidèle miroir d’une époque, mais elle est une des plus directes expressions plastiques de la culture humaine. »

Un an après son ouverture, le Musée Yves Saint Laurent à Paris illustre parfaitement cette évolution du regard sur la mode. Il ne s’agit pas tant d’œuvrer pour la connaissance du génie du créateur, que de tisser ces liens entre les expressions plastiques et leur incarnation dans les vêtements.

Demain un nouveau parcours y sera inauguré, car le musée n’est pas un temple où l’on contemplerait les plus belles pièces de Saint Laurent, mais un lieu pour questionner le geste artistique du couturier ainsi que les transformations qu’il apporte au statut de la mode. 

Pour l’heure ce sont deux créations majeures qui sont mises en avant : les célèbres robes Mondrian de l’automne-hiver 1965 et les robes réalisées en collaboration avec l’artiste Claude Lalanne à l’automne-hiver 1969. Au fond, c’est à partir de cette robe Mondrian en 1965 que se modifient les rapports entre l’art et la mode. Le vêtement n’est pas un dérivé figuratif, c’est un tableau.

Inspiré par le livre sur Mondrian offert par sa mère (« Piet Mondrian, Sa vie, son œuvre » de Michel Seuphor paru en 1956), Yves Saint Laurent présente vingt-six modèles qui mettent ses toiles en mouvement. Il le fait 4 ans avant que la première grande exposition rétrospective sur la période abstraite du peintre soit présentée au Musée de l’Orangerie. C’est même peut-être grâce à son geste, qu’elle a lieu. Et le dialogue entre les disciplines se poursuit lorsqu’à leur tour les robes tableaux sont exposées au Metropolitan Museum of Art de New York en 1983 où la curatrice Diana Vreeland va officiellement faire rentrer la mode au musée.

En gardant tous les documents qui ont présidé à la création de ses modèles, en faisant de ses prototypes des pièces uniques et pas des modèles 0 revendus en fin de collection, en annotent d’un petit « m » des dessins à visée muséale, Saint Laurent (avec Pierre Bergé bien sûr) organise la patrimonialisation de la mode, et se positionne en tant qu’artiste. 

Enfin en présentant tous les grands les modèles qui ont jalonné sa carrière en fonction de l’Histoire de l’art, on voit aussi au Musée Saint Laurent, au-délà de la robe Mondrian, quelles lignes de correspondance il a su instaurer avec les grands maîtres. La robe de mariée de la collection haute couture automne-hiver 1989 s’échappe d’un tableau Boticelli, l’année suivante elle est tout droit sortie des Ménines de Diego Vélasquez. Ici l’antiquité, là Watteau (grand peintre du 18ème siècle) : ce n’est pas l’inspiration qui se contemple mais la construction d’un regard, dont nous héritons aujourd’hui comme une évidence.

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