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André Malraux, Ministre d'État chargé des Affaires culturelles (1959-1969)

Le 60ème anniversaire du ministère de la Culture, l’occasion d’un changement radical ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Après 25 ans de tiédeur préjudiciable et une durée de deux ans en moyenne pour chaque locataire de la rue de Valois.

André Malraux, Ministre d'État chargé des Affaires culturelles (1959-1969)
André Malraux, Ministre d'État chargé des Affaires culturelles (1959-1969) Crédits : Bettmann / Contributeur - Getty

Un cortège d’écrivains combattants défilait hier dans le discours du président Emmanuel Macron à l’Arc de triomphe, commémorant les 100 ans de l’Armistice. Blaise Cendrars, Julien Green, Henry de Montherlant, Jean Giono, Charles Péguy, Alain Fournier, Joseph Kessel, et enfin Guillaume Apollinaire se retrouvaient postés sur la même ligne. 

L’esprit rassembleur contre le dissensus, l’Histoire et la Mémoire au cœur des enjeux d’un monde meilleur, la défense d’un patriotisme contre son traître, le nationalisme, voilà pour l’horizon tel qu'il était dessiné. 

Mais comment y parvenir ? Comment faire socle ? Il y a sûrement mieux à faire, en outre, que de trébucher sur Pétain. Mais bref. A l’aube des 60 ans en 2019 de la création du ministère des Affaires Culturelles attribué à André Malraux par Charles de Gaulle, comment redonner sa force à la rue de Valois qui depuis 25 ans voit défiler ses locataires pour une durée moyenne de deux ans ? 

Exceptés André Malraux et Jack Lang qui ont pu chacun imprimer leur marque pendant 10 ans, les ex-ministres de la culture de tous bords confondus témoignent dans leur éphémère passage, d’un rétrécissement d’une fonction aussi symbolique que stratégique. 

Interrogés par journal Le Monde ils font le même diagnostic, la culture a cessé progressivement d’être un levier politique. Pour Renaud Donnedieu de Vabre « en raison même de la situation intérieure et internationale, ce ministère devrait avoir un rôle majeur », or il n’est plus incarné. Pour Jacques Toubon et Jean-Jacques Aillagon, le projet culturel des candidats à la présidence n’a plus de portée emblématique. Pour Christine Albanel, «  le lien s’est interrompu entre l’Elysée et la rue de Valois, parce que la culture n’est plus au cœur des projets politiques ». Enfin pour Frédéric Mitterrand, depuis la fin des grands travaux au tournant des années 90, « la politique culturelle n’est plus et ne sera plus cette décoration que le président porte à son revers ». 

Constat d’échec généralisé et reproche choral d’une rupture du binôme formé par le ou la ministre de la Culture et son président. Un ciment pourtant essentiel à toute véritable politique culturelle. 

Comment la fonction évoluera-t-elle avec le nouveau ministre de Culture, Franck Riester, dont le profil semble faire consensus ? Souffrira-t-il lui aussi de ces nominations ou de ces décisions majeures qui court-circuitent la rue de la Valois ? Exemple : ces chargés de mission à la francophonie ou au patrimoine, choisis par-dessus la dernière sortante, Françoise Nyssen. 

Un premier choix de directeur de cabinet proposé par Franck Riester et retoqué par l’Elysée est-il un mauvais signal ? Quelle tutelle pour les industries culturelles du numérique ? Faut-il par la place que tient l’audiovisuel public sur le plan budgétaire, et à l’heure des grandes réformes, en faire un ministère à part ? Comment ne pas faire du ministère de la Culture un ministère de la réputation plus que du bien commun ? Autant de questions posées par les ex de la rue de Valois, qui se posent à l’aune de soixantième anniversaire du ministère. 

Mais plus que des ajustements, cette date anniversaire ne devrait-elle pas être l’occasion d’une refonte en profondeur ? Le point de départ d’un état des lieux historique et d’un nouveau pacte politique ? Sans quoi le nouveau locataire de la rue de Valois héritera d’un bilan marqué par des décennies de tiédeur plus que préjudiciables. La nouvelle lutte des classes s’est mue en lutte des savoirs, et elle appelle un changement radical. 

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