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Dragon du Roi de la nuit. Game Of Thrones. Saison 7.

« Game Of Thrones » : la série la plus importante de la décennie?

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Les années 2000 auront eu « Lost », pour les années 2010 se sera « Game of Thrones » mais pourquoi?

Dragon du Roi de la nuit. Game Of Thrones. Saison 7.
Dragon du Roi de la nuit. Game Of Thrones. Saison 7. Crédits : HBO

Diffusée de 2004 à 2010, "Lost" la série qui mettait en scène les survivants d’un crash aérien sur une île non répertoriée du Pacifique s’était terminée sur magistral épisode final. Un épisode dont on continue encore aujourd'hui d'analyser les significations. Une expression désigne même le désarroi dans lequel se sont retrouvés les fans après la diffusion, un dimanche soir, de cet épilogue : « la lostalgie ».

« Lost : les disparus » avait été classée « meilleure série des vingt dernières années », on lui chercha des successeurs dans la même lignée, en vain… C’est une série d’heroic fantasy, moyenâgeuse, extrêmement sombre et complexe qui s’est imposée, avec ses dragons, en 2011, comme la nouvelle saga de la décennie. 

À la fin de la huitième et ultime saison de « Game of Thrones », un dimanche soir dans quelques semaines, ce sera à nouveau la fin d’un monde.

Comme « Lost », « Games of Thrones » est une œuvre close, un feuilleton qui ne se s’est pas soustrait au téléspectateur par essoufflement au fil des saisons. Et comme « Lost », peut-être plus encore, elle fera date en ce qu’elle a profondément modifié son genre et changé l’Histoire des séries. Mais aussi pour ce qu’elle révèle des années 2010.

D’abord le final de « Game of Thrones » est la conclusion d’un cycle littéraire. Initialement adaptée des livres de l’américain George R. R. Martin, la suite de la lutte pour le trône de fer s’écrit d’abord à l'écran depuis la saison 6. « Game of Thrones » incarne ainsi une œuvre hybride, parfaitement en phase avec la porosité narrative qui s’est installée entre littérature et série.

Ensuite, Game of Thrones série la plus téléchargée au monde, a suscité un niveau d’engagement inédit chez ses adeptes, avec plus de 22.000 récits de "fanfiction" en ligne, et produit un corpus analytique à la fois sociologique, historique et philosophique, inégalé pour une série.

C’est sa dimension d’épopée homérique assaisonnée de fureur shakespearienne, que souligne enfin le philosophe Jacques Rancière. Ainsi, la série et le genre du divertissement populaire ont été portés avec G.OT à un très haut niveau d’ambition esthétique. D’ailleurs sur un plan purement financier, jamais une série n’avait coûté aussi cher : 15 millions de dollars par épisode pour cette ultime saison. Game of Thrones inaugure ainsi une ère des séries « grand spectacle ». Achevant l’hybridation elle aussi bien amorcée dans les années 2010, entre petit et grand écran.

Mais si « Game of Thrones » est la série la plus importante de la décennie, c’est qu’elle a trouvé l’interface idéale pour projeter les bouleversements actuels. Mieux que tout réalisme sociologique ou toute forme d’anticipation, elle crée un univers de pure fiction, qui rejoue en miroir le monde tel qui vient : violent, multipolaire, menacé par le changement climatique, empli de ruptures incessantes. 

Un monde qui se transforme sur une ligne de crête, entre une éthique politique celle de La Khaleesi, la reine des dragons, qui incarne le peuple et une forme d’intérêt général et une politique désenchantée celle des seigneurs et des intérêts privés. De quel côté basculerons-nous ? Réponse au grand final, le 19 mai, juste avant les européennes.

Chroniques

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