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Quelle Europe de la Culture ?

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L’Europe ne peut pas se trouver coincée entre le marché et la mémoire pour seules utopies, comme l’a souligné l’écrivain et dramaturge Camille de Toledo.

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Antwerp Crédits : Mario Gutiérrez - AFP

Il en était question à Delphes ce week-end là où l'oracle d'Apollon parle à travers sa prophétesse, la Pythie. Au XXIème siècle cette cérémonie des augures a soudain pris la forme d’un laboratoire d’idées : « European Lab ».

Le rituel consiste à réunir des écrivains, des dramaturges, des philosophes, une foule de penseurs, de chercheurs et d’acteurs de la culture européenne, non pas pour les mettre en transe comme la pythie, mais pour secouer leurs propositions.

Quelle forme peut prendre cette Europe de la culture ? Comment les artistes peuvent-ils redéfinir « le projet européen » quand celui-ci se heurte à la montée des nationalismes et aux désillusion du néo-libéralisme ? Comment favoriser la circulation, les échanges, l’archipel de celles et ceux qui dans les arts et la culture, tentent de penser un avenir désirable pour l’Europe ? 

Autant de questions qui étaient soulevées à Delphes, et qui s’imposent non seulement en vue des élections européennes de mai prochain, mais au-delà, tant elle sont cruciales. L’économie ayant recouvert un débat déjà fondu, dès le départ, dans l’acier et le charbon. 

L’Europe ne peut se trouver coincée entre le marché et la mémoire pour seules utopies, comme l’a souligné l’écrivain et dramaturge Camille de Toledo. Evidemment l’Europe finance de nombreuses activités culturelles. Evidemment il existe de nombreux événements et festivals qui mettent la création européenne à l’honneur. Enfin, évidemment, les joies des programmes étudiants Erasmus sont devenus cultes depuis la série de films L’Auberge Espagnole.

Mais ce qui émanait des débats de Delphes - tels que je tente de vous les interpréter ce matin comme jadis les « prêtres qualifiés » pour les oracles delphiques - c’est que l’Europe de la culture n’est pas une série de dispositifs et de mesures, c’est une idée. Une idée si importante qu’à partir d’elle peut se dessiner un nouvel horizon européen. 

Pour l’artiste et dramaturge grec Alexandros Mistriotis, qui travaille l’influence des narrations sur notre présent commun, repenser l’Europe ce n’est pas repenser l’Union européenne mais « ce qu’est l’Europe ». Un peuple hybride, de « traducteurs » ? Comme le défend Camille de Toledo à la lecture d’Umberto Eco. 

Un peuple qui se rappelle de ces expériences et de ces œuvres voyantes, de ces vestiges de futurs possibles trop vite rangés dans le coffre à LEGO, qu’il faudrait ressortir pour les imaginer à nouveau. 

Et comment favoriser l’émergence d’une contre-culture européenne pour dessiner un avenir différent des récits rebattus jusqu’ici ?

Telles étaient les pistes de réflexion amorcées à Delphes avec différents réseaux, comme "Agora Europe" réseau de débats à l'échelle européenne lancé par le français Etienne Balibar et l'italienne Caterina di Fazio, ou encore "Political Critique" magazine pro-européen et alternatif en ligne. Toutes et tous avaient en commun un constat,  l'urgence, et une conviction : ceci n’est pas une crise, c’est une vielle idée d’Europe qui meurt pour qu’une autre advienne. 

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