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Soirée musicale chez Pauline Viardot

La maison de Pauline Viardot, début de reconnaissance pour le Matrimoine?

3 min
À retrouver dans l'émission

Si la cantatrice est en réalité une compositrice majeure de la scène culturelle européenne du XIXème, on semble à peine découvrir son nom... La bataille du Matrimoine est encore longue !

Soirée musicale chez Pauline Viardot
Soirée musicale chez Pauline Viardot Crédits : Heritage Images - Getty

« Madame Viardot est l’une des plus grandes artistes qui vient à l’esprit dans l’histoire de la musique passé et présente » écrira Hector Berlioz. Ce « Hai Lulli » que l’on vient d’entendre, chanté par Cécilia Bartolli, est l’une des nombreuses compositions de cette musicienne et arrangeuse passée dans l’ombre des grands hommes du XIXème siècle.

La « Villa Viardot » qu’elle habitait dans les Yvelines vient de recevoir le premier chèque du loto patrimoine pour financer (en partie) sa rénovation, et à terme le cœur du futur centre européen de la musique. 

Sur les panneaux de signalisation la villa est indiquée comme l’ancienne demeure de l’écrivain russe Ivan Tourgueniev, ami intime de Pauline Viardot. Dans les journaux elle est le plus souvent évoquée à travers les illustres qui ont fréquenté ses salons : Flaubert, Zola, Musset, Mérimée ou Sand… (tiens ça fait au moins une femme).

Mais le nom de Pauline Viardot, sans cette cohorte de cautions, ne se suffit pas encore à lui même. Si les murs de la villa ont gagné au Loto, la valorisation du patrimoine musical et de l’œuvre de Pauline Viardot, demeure en souffrance.

Bien sûr on apprendra peut-être que Bizet, en voisin, a reçu auprès d’elle des conseils déterminants pour l’écriture de sa Carmen. Ou encore que les Gabriel Fauré et autres Camille Saint-Saëns signalés parmi les illustres visiteurs de la villa furent les protégés de la cantatrice. 

Pauline Viardot peut bien être cette grande artiste lyrique qui se retirera au sommet de sa gloire… Ou encore cette femme influente qui dynamisera tout un cercle musical, littéraire et intellectuel avec son mari, le critique et amateur d’art, Louis Viardot. Mais de là à être reconnue comme une créatrice majeure du XIXème siècle, la bataille du Matrimoine est encore longue!

Pourtant cette « archi-musicienne », pour reprendre les mot de Frantz Litz dont Pauline Viardot fut la brillante élève, a laissé plus de 250 compositions dans tous les genres ;  mis en musique des textes de Pouchkine, Goethe, Dante ; composé de la musique de chambre et deux petits opéras : "Cendrillon" d’après le conte de Perrault qu’elle revendique à 84 ans en tant que compositrice, et "Le dernier sorcier" sur un livret de Tourgueniev. 

Celle qui parlait français, espagnol, italien, anglais, allemand et russe était en réalité une compositrice phare de la scène culturelle européenne du XIXème siècle. Pourtant de Pauline Viardot on semble à peine découvrir le nom... Preuve que le Matrimoine reste un des grands enjeux du patrimoine. A l’heure où 2% des rues portent des noms de femmes pour 31% de noms d’hommes. Et où, selon les chiffres de 2016, le Wikipédia français compte 450 000 biographies d'hommes, contre 75 000 de femmes. Afin de réhabiliter la mémoire de ces femmes « sans pages » il faut des sources, articles et autres mentions, alors à vos claviers !

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