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Des enfants d'école primaire devant la télévision.

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L’éducation aux médias mais aussi l'éducation des médias.

Des enfants d'école primaire devant la télévision.
Des enfants d'école primaire devant la télévision. Crédits : H. Armstrong Roberts/ClassicStock - Getty

La semaine de la presse et des médias dans l’école débute aujourd’hui. Dans un contexte où les théories du complot se développent dès le collège. 

L’objectif à atteindre, de la maternelle aux classes préparatoires, est entendu : il faut aider les élèves à mieux connaître la façon dont les journalistes exercent leur métier, leur apprendre à décrypter l'actualité, à interroger les sources de l'information, et à développer un sens critique. 

Sur les moyens, la ministre de la Culture Françoise Nyssen a annoncé que l’enveloppe financière consacrée au plan d’éducation aux médias pour la jeunesse serait doublée, et qu’elle voulait que les sociétés de l'audiovisuel public mettent en place une plateforme commune de décryptage. De son côté, Jérôme Bouvier, président de Journalisme et Citoyenneté et organisateur des Assises du journalisme, veut aller plus loin et demande la création d’une Agence nationale de l’éducation à l’information. Au-delà d’une plateforme, c’est la mise en réseau des compétences des journalistes, des enseignants et des associatifs sur ces questions qui doit être pensée sur le terrain. Partager les expériences, coordonner les actions. 

Et Jérôme Bouvier de rappeler le contexte actuel où la vérité - la vérité d’un fait - est de plus en plus perçue comme une opinion. Mais pour lutter contre le danger que ce glissement fait encourir à nos démocraties, ne faut-il pas, en plus d’une éducation aux médias, une éducation des médias ?

Evidemment ces derniers temps, le « journalistes bashing » pratiqué par certains politiques creuse le sillon d’un discrédit dangereux. Il alimente justement cette sensation de défiance à l’égard des médias, sur laquelle prospère une profusion de faits alternatifs. Mais pour autant, faut-il cesser de réfléchir à ce que ces signaux nous renvoient ? Quelle part peuvent avoir les médias dans la confusion entre information et opinion ? Entre faits et interprétations?

Il est un chantier auquel il faudrait s’attaquer : celui du commentaire médiatique. A multiplier les dispositifs où journalistes et experts sont mis sur le même plan, et se livrent à un combat rhétorique sur tous les sujets, on perd de vue les faits. C’est le règne des orateurs, de ceux qui maîtrisent les codes argumentatifs à fort potentiel de buzz et enchaînent les assertions au doigt mouillé.

En novembre dernier, sur le plateau de Pascal Praud sur C News, Clément Viktorovitch, l’un des commentateurs politiques de la chaîne, par ailleurs docteur en Science politique et spécialiste de rhétorique, réagissait ainsi à ce qui venait d’être énoncé comme un fait : l’UOIF serait une institution majoritaire au sein du monde musulman.

Une séquence qui met le doigt à la fois, je l’ai dit, sur un système de commentaire où l’autorité argumentative peut se substituer à la compétence, mais aussi sur une inégalité langagière. Car le système en question fleurit sur un déficit de connaissance des codes rhétoriques par le public, enclin par la même à confondre opinion et information. Non seulement questionner ces dispositifs, mais proposer une analyse de la rhétorique contemporaine, c’est aussi cela l’éducation aux médias.

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