LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Christiane Taubira, signataire d'"Osons la fraternité"

L’appel de Saint Malo, des écrivains défendent le devoir d'hospitalité

3 min
À retrouver dans l'émission

Au festival « Étonnants voyageurs » écrivains, cinéastes et artistes formulent une solution à la crise des migrants.

Christiane Taubira, signataire d'"Osons la fraternité"
Christiane Taubira, signataire d'"Osons la fraternité" Crédits : PATRICK BATARD / CROWDSPARK - AFP

Et si, à l’image du climat et du développement durable, nous imaginions une gouvernance mondiale de l’hospitalité ? Une COP21 des migrants? C’est cette idée très concrète que défend l’appel lancé par les écrivains, cinéastes, artistes et penseurs réunis au festival Étonnant Voyageur de Saint Malo. Un appel face à la mer, symbole de cette crise des réfugiés qui est la nôtre, et ne cessera de s’amplifier.

Dans un premier temps, il y a les mots bien sûr. L’engagement par la plume. Comme le Prix Goncourt Patrick Chamoiseau l’a fait avec « Frères Migrants », ou comme le Prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio s’y emploie régulièrement dans ses tribunes et ses entretiens. Mais, pour le dire vite, la mobilisation des hommes et des femmes de la culture en faveur des réfugiés a muté. 

Elle s’inscrit sur le terrain. Par exemple au Centre dramatique de Rouen, où le metteur en scène David Bobée a ouvert les portes de son théâtre et organisé un réseau d’aides administratives, de logements, de repas, de cours de français pour compenser dit-il « l’indignité des politiques migratoires ». Des théâtres qui accueillent et qui créent avec les migrants, et qui vont à leur rencontre comme le « Good Chance Theatre » à Calais, il y en a de plus en plus. Ils ont même été appelés à afficher un « H » d’hospitalité à leur fronton par le Syndeac, le syndicat des entreprises artistiques et culturelles. 

Dans les arts aussi, au-delà du langage des images et des créations marquées par la crise des réfugiés, des actions concrètes prennent forme. « We dream under the same sky » au Palais de Tokyo à Paris a permis à 25 artistes plasticiens de vendre leurs œuvres au profit d’association comme Migreurop, la Cimade ou le Centre Primo Levi.

L’appel lancé à Saint Malo, franchit une autre étape. Dans un ouvrage commun « Osons l’hospitalité » les signataires dont Michel Lebris, Lydie Salvaire, Lola Lafon, Christiane Taubira, Jean-Marie Gustave Le Clézio et Patrick Chamoiseau racontent et s’engagent face à cet exil qui est toujours une douleur, celui d’être par la guerre et la misère, mis à la porte de chez soi.

Mais l’appel lui n’est pas une entreprise littéraire, c’est un prototype juridique. Co-rédigé par la juriste et professeur au collège de France, Mireille Delmas-Marty.

Son point de départ : le désastre humanitaire où des migrations d’une ampleur sans précédent rencontre les surenchères répressives des Etats qui tiennent lieu de politique des migrations.

Son constat : l’interdépendance. « Aucun Etat ne peut à lui seul gérer des déplacements massifs de réfugiés et de migrants ». Les conséquences touchent les pays d’origines, les pays de transit, les pays d’accueil, et les pays voisins. 

Sa proposition : comme pour le climat, la communauté internationale pourrait bâtir un principe d’hospitalité opposable aux Etats. Un accord capable d’équilibrer les droits et devoirs respectifs des « habitants humains de la Maison commune ».

Son calendrier : les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, en décembre prochain. 

Dire, s’engager, s’organiser, et enfin formuler une solution telles sont les étapes franchies par ceux et celles des arts et de la culture qui ont rejoint le mouvement citoyen de l’Hospitalité.

Intervenants
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......