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Oeuvre de l'artiste italien Giuseppe Penone, au Brésil en 2015

Vers une transition écologique de l’art ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Après plusieurs décennies de fausses pistes, l’art se dirigerait-il enfin vers l’éco-création ?

Oeuvre de l'artiste italien Giuseppe Penone, au Brésil en 2015
Oeuvre de l'artiste italien Giuseppe Penone, au Brésil en 2015 Crédits : NELSON ALMEIDA / AFP - AFP

Après plusieurs décennies de fausses pistes l’art se dirigerait-il enfin vers l’éco-création ? Tandis que les discussion mondiales sur le climat s’acheminaient vers ce paradoxe : une urgence d’agir toujours plus urgente et toujours plus repoussée, comment les arts allaient-ils rendre compte de la catastrophe écologique en cours ? Assez pauvrement répond le commissaire d’exposition et critique d’art Paul Ardenne dans un livre qui vient de paraître aux éditions Le bord de l’eau.

Il y a bien eu des tentatives, mais dans l’ensemble les signaux d’alarme ont mis du temps à percer dans le champ des représentations. Pour plusieurs raisons. D’abord par ce que le dimension spectaculaire de l’apocalypse a cannibalisé les images. 

Je ne vous dresserai pas ici la liste de toutes productions cinématographiques qui se sont engouffrées dans cette veine, mais si on attache à leurs effets, c’est moins le réveil d’une conscience malheureuse qui s’est opéré que le frisson d’un spectacle passager. La croyance insidieuse que tout cela n’est qu’une fiction, et surtout, comme l’écrit Paul Ardenne un fantasme. Mais l’effroi écologique n’est pas une peur qui va simplement s’apaiser. 

Face à cette saturation d’apocalypses l’espace des arts était donc réduit pour incarner cette conscience écologique qui incubait. Le paroxysme étant la société de papier peint Post-Apocalyptique Wallpapers avec ses 260 tableaux tableaux muraux, au choix une Londres détruite et sa tamise à sec ou un Chicago en état de glaciation avancé avec son lot d’ours polaires égarés ?

Comment ne pas ajouter encore du spectacle au spectacle et faire littéralement de l’urgence climatique une toile de fond ?

C’est là qu’une deuxième fausse piste apparaît. Un art ou une poétique de la ruine, des paysages désolés, des sites industriels abandonnés. Mais cette fin d’un monde peine à améliorer notre connaissance « logos » de la  maison « oïkos », bref de l’écologie. 

La photographie sait aujourd’hui, et j’en ai parlé ici, produire des images qui interrogent finement sur les ravages en cours, au-delà de l’effet de sidération. Mais les arts plastiques, comment peuvent-ils provoquer des sensations qui retissent notre lien brisé avec la nature?

Une voie s’est ouverte celle d’un art pour la nature et dans la nature. Une première approche l’aurait instrumentalisée, celle du Land art, tandis qu’une autre, issues de l’Arte Povera, comme Giuseppe Penone, s’en serait tenu plus proche. 

Réfléchir aux impasse de ce qui a pu apparaître comme un art écologique permet de sortir de la boucle du simulacre. Un art pour la nature, en elle et avec elle : telle est l’horizon d’une nouvelle générations de plasticiens.

Ainsi le cambodgien Khvay Samnang qui en 2010 s’est fait arbre en caoutchouc, pour mieux dénoncer une monoculture qui détruit l’écosystème forestier dans son pays. On trouvera beaucoup d’autres exemple dans ce livre « un art écologique : création plasticienne et anthropocène » qui définit chemin faisant le portrait robot de cette nouvelles école d’œuvres écologiques. 

Elles ont en commun non seulement le contact et la proximité avec la nature, mais un usage militant et responsable de l’élément naturel comme partenaire de création.

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