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Couverture du Nouveau Magazine Littéraire

Au Nouveau Magazine Littéraire, une discorde radicale?

3 min
À retrouver dans l'émission

Dans les lettres de rupture de l’actionnaire majoritaire Claude Perdriel et de l’ancien nouveau directeur Raphaël Glucksmann, se dessinent des enjeux pour le débat public.

Couverture du Nouveau Magazine Littéraire
Couverture du Nouveau Magazine Littéraire Crédits : SL - Radio France

« Départ », « débarquement » ou « clap de fin » c’est selon dans la presse pour évoquer la rupture consommée entre l’actionnaire majoritaire du Nouveau Magazine Littéraire, Claude Perdriel et l’ancien nouveau directeur du journal Raphaël Glucksmann.

Qui dit rupture dit lettres de rupture. Et celles-ci viennent d’être mises en ligne sur le site du mensuel, avant d’être publiées simultanément dans le nouveau numéro à paraître cette semaine. Nous voilà débarrassé d’un éventuel feuilleton «  crise au Magazine Littéraire » ou de la diffusion sur les réseaux sociaux de correspondances privées. Le processus en somme nous invite à dépasser le micro événement médiatique pour regarder cette explication par éditos interposés à la lettre justement. Parce que dans ces mots se dessinent des enjeux pour la bataille des idées.

Au sein de la nouvelle formule du magazine lancé en décembre : écrivains, poètes et penseurs étaient conviés à cette bataille. « Dans un élan commun d’exploration de la cité et de refondation d’idéaux humanistes attaqués de toutes parts » selon Raphaël Gluscksmann. Il souhaitais je cite « une forme de radicalité dans le questionnement ». Réponse de Claude Perdriel : « la radicalité dans le questionnement ne peut pas interdire la nuance, le doute, la réflexion permanente ».

Dés lors l’écume de la séparation s’est résumée à cette idée, l’intellectuel Raphaël Glucksmann serait débarqué de la direction pour ses positions anti-Macron, au-delà de la sphère même du magazine. Tandis que son ancien patron s’en défendrait.  «Cher Raphaël Glucksmann. Je suis de gauche, mais pas comme vous » commence-t-il, et « il serait absurde, cher Raphaël, de croire que nous pouvons être pro-ou anti-Macron». Rappelant au passage que le nouveau directeur, Nicolas Domenach, ex-directeur adjoint de la rédaction du magazine Marianne, a exprimé « de justes, et parfois sévères, critiques sur la politique économique, sociale et fiscale du gouvernement ».

Je ne m’étendrai pas sur le complément 2.0 de l’édito de Raphaël Glucksmann, posté cette fois sur ses comptes Facebook et Twitter, qui évoque son refus de formuler des louanges auxquelles il ne croit pas. Ou encore cette nouvelle insulte politique qu’on aurait proféré à son endroit « wauquizeo-mélanchoniste » …

Pour reprendre un peu de hauteur on pourrait souligner que la dissension plus que politique ou philosophique est tout simplement économique. Bien sûr la nouvelle formule a gagné de nouveaux lecteurs et abonnés, mais ce serait peu au regard des dépenses marketing. Enfin puisque je m’attache ici aux lettres et pas aux chiffres, je relève cette formule qui m’interpelle. 

« Nous n'avons que faire des bien-pensants et c'est précisément pour cela qu'il nous fait nous séparer du «vieux monde» écrit Claude Perdriel. La « radicalité du questionnement » voulue par Raphaël Glucksman  et que j’évoquais pus tôt, se serait donc mue en « bien-pensance de l’ancien monde». 

Mais comment les points de vue divers, volontiers disruptifs, ou en marge, mobilisés depuis la nouvelle formule de décembre pourraient incarner la « bien-pensance » ? C’est l’intention, politique, qui préside à leur réunion qui pose peut-être problème. Le danger au final d’un récit unique, « the danger of the single story » pour reprendre la formule de l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie. Pour autant quelque chose glisse ici dans le langage, et il serait dommage pour la pluralité du débat de ne pas le remarquer : désarmer la radicalité en la taxant de norme.

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