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Photo de la comédie musicale "Guys and Dolls"

L’ "accès" à la culture n'est pas une métaphore

3 min
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La synthèse du "Grand débat de la Culture" met en lumière une urgence première : réduire les inégalités territoriales de la culture. Le manque d'accès à la Culture n’est pas que métaphorique, c'est une disparité spatiale à prendre au pied de la lettre.

Photo de la comédie musicale "Guys and Dolls"
Photo de la comédie musicale "Guys and Dolls" Crédits : FRANCOIS GUILLOT - AFP

Lorsque l’on parle « d’accès à la culture » toute une série de métaphores apparaissent : les « freins » symboliques, sociaux ou financiers, les publics « empêchés », mais aussi le fameux « moteur de l’émancipation ». Des images qui ont toutes en commun de puiser dans l’imaginaire de la mobilité. 

Bien qu’absente des thématiques majeures retenues pour le Grand Débat national ainsi que des revendications de la France dite des ronds-points, la Culture révèle une crise de la concentration qui n’a rien de métaphorique. Une disparité spatiale à prendre au pied de la lettre. Comment accéder à la Culture quand on en est concrètement éloigné ?

La synthèse du « Grand Débat de la Culture » lancé par la Fondation du Patrimoine et Beaux Arts Magazine vient d’être publiée en ligne et remise comme annoncé au ministre de la Culture, Franck Riester. L’initiative a suscité 3769 contributions et 19 414 votes exactement, et les propositions retenues vont d’un « service civique du patrimoine pour la restauration des sites en péril » à l’instauration de « pauses-repas culturelles » pour les salariés avec concert, lecture, sieste musicale etc.

Mais ce qui est frappant dans cette consultation, c’est qu’elle met en lumière une urgence première : réduire les inégalités territoriales de la culture.

Mettre en place des transports en commun reliant les zones éloignées aux équipements culturels, développer des "micro-musées" itinérants, pousser les institutions culturelles à multiplier les opérations hors les murs, inciter les théâtres des villes à déplacer plus souvent vers les campagnes, dans un dispositif réduit si nécessaire, déployer des biblio bus, mettre en place un réseau de navettes et de co-voiturage, proposer des prestations complètes (visite d’une exposition ou  place de spectacle transport) à des tarifs avantageux :  la liste pourrait encore continuer. Elle rappelle au loin le plan « la culture près de chez vous » qui partait cela dit d’un bon diagnostique, et dont on est sans nouvelle depuis le départ de l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen.

Au-delà des propositions ce qui comptent c’est le cap qui ne saurait être abandonné si on veut cesser d’accroître la fameuse « fracture culturelle », et ce ressentiment qui rend Paris responsable de tout comme le formulait le président Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse.

Aujourd’hui, en Île-de-France, le ministère de la culture dépense 139 € par habitant et par an, contre seulement 15 € sur le reste du territoire, soit près de 10 fois moins  : comment ne pas entretenir la facture dans ces conditions ?

Que l’on songe au pass culture, censé accompagner l’impulsion culturelle des jeunes citoyens de 18 ans, et on voit à quel point, en l’état, il ne répond pas à ces enjeux. On a beau géo-localiser l’offre culturelle avec une application, ça ne fera pas apparaître la culture là où il n’y en a pas! A condition même que l’on puisse se connecter à l’application... Rappelons que si le lancement de la 5G se prépare pour 2020 dans l’Hexagone, une étude récente montre que seuls 61% des français ont accès à la 4G.

Favoriser l’accès non plus seulement de manière métaphorique mais aussi de manière concrète à la culture, c’est une priorité qui ne peut plus être refusée.

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