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Philippe Gildas

Philippe Gildas, maître Yoda d’une nouvelle culture de l’information

3 min
À retrouver dans l'émission

Il a inventé des formes et une tonalité qui structurent encore le paysage audiovisuel français. Mais rien de tout cela ne semble venu d’une pure intuition conceptuelle, avec Philippe Gildas la dynamique du changement est dans le faire et dans le corps.

Philippe Gildas
Philippe Gildas Crédits : FRANCOIS NASCIMBENI - AFP

« Ni gourou ni Dieu … un petit breton tranquille » c’est ainsi que la marionnette « formidable » de Philippe Gildas se présentait à celle de PPD dans les Guignols de l’info le jour de son départ de "Nulle Part Ailleurs". Clôturant dix années passées à la tête du pionnier des talk-shows français sur Canal . C’était en 1997. Le vrai Gildas déclarait alors « le moment est venu de changer le présentateur basique que je suis ».

L’innovation à la radio comme à télévision il l’a toujours recherchée, ce qui pouvait donc aller jusqu’à se supprimer d’un format pour qu’il se renouvelle. 

Proclamé maître Yoda d’une nouvelle culture de l’information, il a inventé des formes et une tonalité qui structurent encore le paysage audiovisuel français. Mais rien de tout cela ne semble venu d’une pure intuition conceptuelle, avec Philippe Gildas la dynamique du changement est dans le faire et dans le corps.

A commencer par son passage d’homme tronc de l’ORTF à présentateur du jeu télévisé « La tête et les jambes ». 

C’est un laboratoire qui le prépare à incarner en France, sur le modèle américain, une alliance de show et d’info. Mais pas seulement. Ce grand écart qu’il fait alors entre le bulletin d’information et le divertissement lui permet aussi d’imaginer plus de souplesse éditoriale. 

Déboutonner la parole, décloisonner les genres, élargir le terrain de l’information aux découvertes, à la météo, aux nouvelles cultures tout cela s’entend et se voit encore aujourd’hui dans le PAF.

Sans parler du talk-show tel qu’on le connaît en France, et dont Philippe Gildas va avec "Nulle Part Ailleurs" créer le patron. L’animateur et sa table de chroniqueurs, le public comme une part vivante du décor, le séquençage rythmé, le désert potentiel d’une interview-promotion compensé par mille et une perturbations. Avec "Nulle part ailleurs" on vient voir les tauliers (Gildas et De Caunes) d’une émission davantage encore que les invités. C’est aussi la naissance de cette fameuse atmosphère de bande et de ces personnages que l’on suit comme dans un feuilleton télévisé.

Dans ce dispositif, Gildas n’était pas le chef hystérique d’une meute comme dans ce énième avatar de talk-show que constitue aujourd’hui « Touche pas à mon poste », il était ce personnage de théâtre qui légitime par son rire mi-outré mi-consentant toute les libertés. Comme dans un échange mémorable avec Antoine De Caunes alias le scout pine d’huître.

Une année où l’on enterre les "Guignols de l’info", voir partir Philippe Gildas c’est se retourner sur une culture médiatique qui apparaît, depuis notre XXIe siècle, comme un âge d’or. Mais pourquoi ? Parce que la télévision relève déjà du monde englouti. Mais aussi peut-être parce qu’en apparence la forme et le ton « gildassien » perdurent, alors que l’esprit lui s’en est allé. A commencer par celui qui consiste à abandonner une formule devenue basique.

Chroniques
8H50
3 min
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Pour faire un film choral, il faut au minimum trois stars
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