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Exposition Vasarely à Frankfurt, en 2018

Vasarely : vendre aux riches pour donner aux pauvres

4 min
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La grande exposition qui s’ouvre au Centre Pompidou est non seulement la première en France depuis 50 ans mais aussi la première tout court. L’occasion de déchiffrer un message radical.

Exposition Vasarely à Frankfurt, en 2018
Exposition Vasarely à Frankfurt, en 2018 Crédits : Hans-Georg Roth / Contributeur - Getty

Si Vaserly est partout dans l’imaginaire populaire il n’était en quelque sorte nulle part dans la culture des musées. Pour la première fois en France depuis 1963, une exposition lui est consacrée, c’est même la première grande rétrospective française du père de l’op Art, 22 ans après sa mort.

Et pour cause Vasarely aura fait son parcours en dehors des institutions, par conviction : « c’est dans les foules qu’il faut diffuser l’art. Voilà l’espace illimité » notait-il. L’Op Art abréviation d’Optical art, dont il pose les bases théoriques dans les années 50, fait au fond le trajet inverse du Pop art. Il ne fait pas entrer la culture populaire dans la sphère artistique, il promeut un langage esthétique qui s’exprime dans la culture populaire.

L’art partout et pour tous : tel est le leitmotiv de Victor Vasarely qu’il résume ainsi « L’art des privilégiés doit devenir l’art de la communauté. L’important c’est d’avoir résolu techniquement et plastiquement ce changement ». Nous sommes en 1969, et ses ronds bleus sur fond vert tapissent la pochette de Space Odity de David Bowie.

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L’exposition « Vasarely, le partage des formes » qui s’ouvre demain au Centre Pompidou, témoigne bien sûr de cette vasarelysation des images qui culmine dans les année 60/70. Le disque de Bowie, le logo de Renault, les décors de télé de Jean-Christophe Averty, les séries de mode, toutes les couvertures de la collection Tel chez Gallimard dont un « Précis de décomposition » de Cioran orné d’un cube jaune psychédélique sans grand rapport avec le contenu ou encore les pochettes de Deutsch Gramophone qui accompagnent les œuvres de Bach et Beethoven de ses formes géométriques en mouvement. Vasarely dérive déjà sur toute sorte de produits et il le revendique « Je ne suis pas pour la propriété privée des créations. Que mon oeuvre soit reproduite sur des kilomètres de torchon m'est égal ! il faut créer un art multipliable. »

Cette reproductibilité populaire le condamne aux yeux d’un certains clergé de l’art et des avant-gardes pendant 60 ans. Et finit même par en faire une caricature y compris dans la culture populaire. Confère cette scène culte des « 3 frères » en 1995 : 

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Ce que propose l’exposition au Centre Pompidou, conçu par Michel Gauthier et Arnauld Pierre, ce n’est pas le plaisir kitch de la réhabilitation d’une collection de « doudous » artistiques mais la compréhension d’une démarche radicale.

Depuis ses premiers travaux inspirés des avants-gardes de la Mittle Europa et du Bauhaus, le peintre d’origine Hongroise a cette volonté : déhiérarchiser les pratiques et les cultures, mais aussi dissoudre la frontière entre l’art et la vie. Pour lui, comme le résume Michel Gauhtier « l’art peut changer la vie, mais à condition de se changer lui-même, de modifier radicalement son processus de conception et de production ». Ainsi Vasarely va créer le langage en open-source d’un art que chacun peut s’approprier à l’image de son alphabet de couleur. La cybernétique comme une révolution démocratique qui ne serait pas confisquée, comme un logiciel libre, qui ferait de nous tous des créateurs-programmeurs. Voilà ce qu’anticipe Vasarely.

Le revoir dans cette perspective n’est pas lui redonner une côte, mais rouvrir un message que l’on avait mal déchiffré, et qui garde en lui le secret d’une harmonie sociale.

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